"Je suis une femmes violée par une femme"

169 8 2
                                        

Article écrit le 19 avril 2017, dans Madmoizelle.

Pendant une soirée, Julie a été violée par la colocataire de son amie. Elle nous raconte sa difficulté à surmonter son sentiment de culpabilité… et à admettre qu’elle a été violée par une femme.

Novembre 2014. J’avais vingt-trois ans et j’étais célibataire depuis quelques temps.

Je sortais d’une relation plutôt courte qui s’était très mal terminée : mon copain d’alors avait des appétits sexuels que je n’arrivais pas à suivre, et je m’étais souvent forcée pour essayer de le contenter.

Bien que je ne puisse pas le lui reprocher (l’essentiel de la pression, c’est moi qui me la mettais), j’avais fini par ressentir un certain dégoût du sexe avec les hommes (heureusement passager) et je souffrais de lésions vaginales.

Entre fascination et intimidation

Ce soir-là, j’ai accompagné un couple d’amis proches à une petite soirée d’anniversaire d’une amie commune, Élise, une jeune femme que je connaissais mal mais que j’appréciais beaucoup.

J’étais ravie d’être invitée, ça me sortait de mon groupe d’amis habituel et j’avais envie de me rapprocher (amicalement) d’Élise.

C’était une soirée en relativement petit comité, nous étions une dizaine et j’ai fait la connaissance de plusieurs de leurs amis. Parmi eux, il y avait Sam.

Sam était une jeune femme que j’avais déjà croisé quelques fois et qui me choquait autant qu’elle m’amusait par son franc-parler et son côté très « rentre-dedans ».

Vous voyez peut-être… quand on est à la limite entre l’admiration («J’aimerais être aussi cash ») et la gêne (« Ok, ça je ne voulais vraiment pas savoir »).

Sam avait donc quelques années de plus que moi, elle était physiquement plutôt attirante, même si elle n’était pas vraiment mon style.

Elle incarnait l’exemple même de la femme libérée qui assume pleinement sa vie sexuelle et ses envies.

Une soirée agréable et détendue

La soirée se passait bien, l’ambiance était bonne, l’alcool coulait à flots et personne ne semblait s’ennuyer.

Nous étions plusieurs à « flirter » un peu pour rire, entre filles, et à nous embrasser.

Nous étions plusieurs à « flirter » un peu pour rire, entre filles, et à nous embrasser.

En soirée, il m’arrivait très régulièrement de flirter avec des femmes, flirts qui finissaient parfois par des baisers (ou plus).

Je suis très à l’aise avec ça, je me considère d’ailleurs comme bisexuelle, même si je n’envisage des relations amoureuses à long terme qu’avec des hommes.

La discussion portait sur la bisexualité, car nous étions plusieurs femmes à cette soirée à être également attirées par les femmes. Dont Sam, Élise, moi, et deux autres jeunes femmes.

L’alcool aidant, beaucoup de petits baisers ont été échangés, des baisers pour rire, qui ne voulaient rien dire…

Je me rends compte que je m’en excuse presque, car j’ai peur du regard des autres sur ce type de pratiques. Peur qu’on me juge responsable. Coupable.

En effet, quand je suis en soirée avec des amies, il nous arrive très régulièrement d’échanger des baisers. C’est une façon pour nous d’exprimer notre amitié, de nous dire sans paroles à quel point nous nous trouvons belles, parfois aussi simplement de déconner…

Les sujets tabousDes histoires addictives. Découvrez maintenant