overreact

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she's in the rain- the rose


Je cours entre les troncs, le tonner gronde de plus en plus et je commence à avoir peur que la foudre frappe sur un arbre et mette feux. J'ai peur que Lune se soit blessé ou je ne sais quoi. J'ai peur du bruit du tonner, de la foudre, de la pluie et je n'aime pas être dans une forêt tout seul à 3h du matin, alors je cours. Après des minutes de courses qui m'ont parue interminable, je vois enfin la route. J'accélère et une fois arrivé sur le béton, je rentre chez moi. Je me précipite à l'intérieure de ma maison et court dans ma chambre. La chambre de Charlotte est ouverte et elle dort à point fermé. Je suis trempé. Je retire tous mes vêtements et vais me glisser dans mon lit. J'attrape mon téléphone et premier réflexe est d'envoyer un message à Lune.

Moi

3h57

Lune ??

moi

4h02

Ça va ??

Il lit mes message, ça me rassure un minimum mais

moi

4h17

Mec réponds stp, ça va ?

moi

4h24

Je suis désolé, je ne voulais

pas te faire de la peine...

moi

4h36

Lune... tu es beau et

je n'ai pas besoin de voir ton

corps pour le savoir.

Lune

4h41

Tu dis ça mais je

sais que quand tu verras

mon corps, tu seras comme les

autres gens

Moi

4h42

Je ne suis pas les gens.

J'éteins mon téléphone, ne faisant même pas attention à ce qu'il m'a répondu, s'il m'a répondu quelque chose. Je repense à cette soirée durant laquelle il s'est passé tellement de choses. D'abord il m'a branlé, et j'ai adoré ça. Ensuite, nous sommes allés à ce lac, où la vue était hypnotisante et où il m'a raconter son histoire. Le fait qu'il se confie à moi si facilement, m'impressionne, jamais je n'y arriverais. Parler des choses les rend réelles et ça me terrifie. Il m'a parler de ce garçon, Thomas. Comment peut-on être aussi méchant ? Ce type doit croupir au même endroit que mon père. Quand il m'a raconté ça, les images de lui, pleurant en serrant ce briquet dans la main me sont revenues et j'ai compris. Il n'est pas faible comme il le dit, il est juste blessé et il attend quelqu'un vienne le réparer. Moi aussi j'ai attendu, mais j'ai compris que rien ne pouvait réparer les brisures de ce qui est déjà cassé. Si j'étais un vase, mon père m'a fortement fragilisé pendant toute mon enfance, sa mort m'a détruit en me jetant par terre, et ma mère a juste cassé les morceaux déjà au sol.

Je vais à ma fenêtre, ça ne sert à rien d'être dans mon lit, je ne vais pas dormir, pour changer. Je suis fatigué, crevé même mais je ne veux pas faire de rêve ou je ne sais quoi, je veux juste me reposer en fumant une cigarette à ma fenêtre, comme toutes les nuits.

***

Je suis devant les grilles tout seul. Aden est en retard comme toujours et je n'ai même plus de clopes pour m'occuper. Je vois Chloé marcher vers moi et s'arrêter à mon niveau. Elle se mets sur la pointe des pieds et je baisse légèrement le visage pour qu'elle puisse me faire une bise. Elle me regarde, et un sourire mesquin déforme son visage.

« Alors ? » demande-t-elle curieusement. Elle me fatigue.

« Alors quoi ? »

« Bah vous vous êtes vu ou pas ? »

« Avec qui ? »

« T'es con hein ! Toi et l'autre ! » je me souviens alors que c'est elle qui a donné mon numéro à Lune, d'ailleurs où est-il ?

« L'autre a un prénom tu sais ? »

« Il ne me l'a pas dit et m'a piqué mon copain, ne compte pas sur moi pour être sympa avec lui. » son ton est sec et dure. J'entends de la peine et de la colère dans sa voix et un petit peu de plaisanterie sous tout ça

« Ha, heu ça ne te regarde pas Chloé. »

« Haaa, ça veut dire oui !! » ça m'énerve qu'elle veut absolument savoir.

« Non !! ça veut dire que ça ne te regarde pas !!! » elle se recule de moi et je vois de la peur dans ses yeux. Elle commence à s'éloigner de moi. « Je voulais pas te faire peur.. » je m'approche d'elle mais elle recule.

« Attends, tu n'as jamais été un bon copain, tu me laisse tombé pour un gars, TU OSES ME CRIER DESSUS ? TU SAIS L'ENFER QUE TU ME FAIS VIVRE CAMI ? » nous sommes en train de nous donner en spectacle dans toute la cour mais ce qu'elle vient de me dire me fait tilt et j'explose.

« Ne parle plus jamais de vivre un enfer, tu ne sais pas, MAIS ALORS PAS DU TOUT CE QU'EST DE VIVRE UN ENFER, PARCE QUE TOI ET TA FAMILLES PARFAITE, VOUS N'AVEZ AUCUN PROBLEME !!! ALORS LE COPAIN QUI T'AS LAISSEE TOMBE DE DIS D'ALLER TE FAIRE FOUTRE SALOPE !! » mon visage se tourne d'un coup, et une douleur à la joue se fait sentir, elle m'a claqué. Je fais volte-face et me rapproche d'elle pour la surplombé.

« Comment tu peux dire ça ? » elle pleure à chaud de larmes, ça ne fait que m'énerver encore plus.

« Arrête de pleurer !!! tu n'as aucune raison de pleu- » une main sur mon épaule m'arrête et je me retourne pour vois qui c'est. Si c'est un garçon, je le frappe, si c'est une fille, je lui hurle dessus.

« Ça suffit Cami. » cette voix est douce, sa voix. Je pose mon regard sur lui et sa main se glisse sur ma joue. Je la lui prends et appuie encore plus fort mon visage contre celle-ci. Son corps se rapproche de moi, son visage est au niveau de mes clavicules. Il a la tête levée vers la mienne.

« Elle n'a aucune raison de pleurer Lune... » ma voix tremble et je sens son pouce caresser ma joue.

« Chacun réagit comme il le peut, chacun gère ses émotions à sa façon, hm ? » il approche son visage du mien. « Je suis désolé pour hier, j'ai overreact » je fais oui avec la tête et le serre contre moi. Son corps est fin, j'ai peur de le briser. Ses bras son autour de ma nuque et les miens autour de sa fine taille. Je hume son odeur de cerise qui me calme instantanément. C'est ça qu'il ressentait avec Thomas ? ce sentiment de bien-être dès que la personne est près de toi ? Je me sens si bien que j'en ai fermé les yeux. Tant pis de ce que pense les gens, si ils disent une remarque sur l'homosexualité, je les tapes. 


3 taffes et un sourire [terminé]Des histoires addictives. Découvrez maintenant