- Tu sais, Daniel, tu pourrais être un bon père.
- Merci.
La soeur de Daniel et son marri lui serrèrent la main, et le couple partit avec leur enfant. Voilà quelques années qu'il travaillait dans cette crèche, et on ne lui avait jamais dit cela. Lui, un bon père ? D'habitude, les gens le trouvaient trop taciturne. Peut-être que sa sœur était la seule à comprendre qu'en mettant son côté morose de côté, Daniel pouvait devenir très attentionné ? Pourtant, Daniel n'était ni ténébreux ni mystérieux (ça aurait attiré bien des filles sinon), il était tout simplement la plupart du temps blasé. Mais il y a avait cette fille, Gabrielle, qui travaillait dans le bar du coin ... À part leur caractère, ils avaient beaucoup de points communs. Cela, il le savait parce qu'il l'avait invitée à dîner une fois, ç'avait été un coup de foudre. Mais Daniel pensait d'abord qu'il ne fallait pas se fier aux coups de foudre, alors il avait pris le temps qu'il faut pour bien la connaître. C'était la seule personne qui ne l'avait pas trouvé ennuyant (à part un ami au lycée qui était amoureux de lui, mais comme Daniel n'est pas homosexuel, ça s'est arrêté là).
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- Papa, réveille-toi.
Daniel ouvrit lentement les yeux pour apercevoir la silhouette de sa fille, à l'autre bout de la chambre.
- Enora, qu'y a-t-il ?
- Je recommence à faire des cauchemars.
Il se leva avec précaution, c'était qu'il commence à être agé maintenant. Il traversa la distance qui le séparait de sa fille, en longeant toutes les étagères avec les photos de famille (Daniel et sa soeur et leurs parents, Daniel et Gabrielle, Daniel, Gabrielle et Enora, puis Gabrielle et son premier fils Vincent, et enfin Enora et son demi-frère Vincent). Il prit ensuite sa fille dans les bras et lui dit que ce n'était peut-être pas vraiment ces rêves de comme avant, peut-être juste une analepse. Enora n'insista pas.
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Visiblement, Daniel avait peur qu'Enora retombe dans sa phase dépressive. Ce n'était pas une tentative de réconfort, il tentait de se convaincre lui-même de la stabilité de la sécurité mentale dans laquelle nous vivons.
Mais elle le savait bien, ses rêves par tunnel étaient revenus. Des drames, elle en avait assez vécus. Jusqu'à le démembrement de sa famille. Mais c'était une longue histoire. Heureusement, Vincent était aussi plein de vie que Gabrielle, il mettait de la bonne humeur partout où il venait.
C'était celui qui était le plus à admirer. Il ne fallait pas, selon Enora, admirer ceux qui avaient mal au cœur et qui ne s'en plaignaient pas; ceux, qui ont une attitude malsaine, qui agonisent en silence. Elle avait plus de respect pour ceux qui, au delà de faire semblant d'etre heureux, étaient heureux. Il y en avait qui souffraient sans rien dire mais qui faisaient comme s'ils étaient sereins et gais, et d'autres qui l'étaient vraiment parce qu'ils ont souffert mais qu'ils ont compris que ces épreuves leur apportaient de l'expérience et des chemins de vie différents. Il était bien malheureux de voir que certains ne pouvaient tourner la page et étaient en constante dépression.
Enora rêva un jour dans ses rêves de tunnels que ce n'était pas elle qui psalmodiait des prières mais un homme très étrange. Elle se dit alors qu'elle devrait écouter plus attentivement ce qui était dit, ces paroles dont elle parlait mais auxquelles elle n'avait jamais réellement fait attention. Elle souhaitait les comprendre, ou même s'en souvenir, mais c'était un long texte.
Enora entendit subitement un bruit dans la chambre de Vincent.
Un bruit anormal.
Des cris, plus qu'un bruit.
Des cris ?
Non. Des cris ET des rires.
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Ebony War
ParanormalEnora oscille entre la fiction et le réel, et elle voudrait bien se débarasser de son imaginaire, mais elle est loin de savoir que sa réalité va se débrider. Cinq adolescents l'attendent quelque part pour l'aider à mettre fin à une longue guerre ent...
