Boucle temporelle - Les deux autres chefs.

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Des rires ?
Des rires. Enora se précipita dans la chambre de Vince.
Elle ne reconnut pas l'endroit.
Les murs étaient maculés de sang, du moins c'est ce qu'elle interprèta. Les meubles ne s'en sortaient pas mieux.
Sur le lit, dont les draps avaient été déchirés et le matelas éventré, un homme en costume, dos à Enora, était assis.
Il sentit sa présence, se lèva, dépoussièra son costard, et, fin prêt, leva les yeux vers Enora.
Il avait l'air tout à fait serein.
Enora, elle, n'était plus apte à réfléchir. Où était son frère ? L'homme était silencieux. Ses cheveux noir réflètaient un froid époustouflant ; ses yeux étaient à la limite entre le marron et le noir ; la seule couleur flagrante qu'il arborait, c'était un tatouage. Il représentait une espèce de triangle gribouillé et tout rouge.
Un gros silence s'imposa.
Il ne dit rien pourtant c'est lui qui devait parler. Expliquer.
Enora ne prit pas la parole.
Si l'homme avait quelque chose à dire, il le ferait. Et c'est ce qu'il fit avec un ton taciturne et monotone :
«-J'aurais aimé que tu réagisses. Que tu cries, que tu me questionnes. C'est ce qu'aurait fait une vraie tempête rouge. Non ? De toute évidence, tu n'en es pas une. Je suis las de devoir tuer ceux que je croise. Tout ça pour un stupide projet. Personne ne doit suivre ma trace, personne ne doit pouvoir me voir sauf mes alliés. Alors je ne vois pas d'intérêt à te garder vivante. ».
il lèva la main et dans celle-ci apparut une hache.
Non. Cela ne peut pas se passer comme ça
N'y a-t-il pas moins cliché ? Un... inconnu débarque, veut la tuer pour une raison... Inconnue. Ah, quelle originalité, franchement. Va y avoir quoi, après ? Un sauvetage de mise de dernière minute, c'est ça ?
Tout à coup, la pièce de Vincent redevint normale, mais l'homme était toujours là. Il lâcha : « Et là, tu ne cries toujours pas ? » Avant de lui trancher la gorge.
Sa tête et son corps se séparèrent, mais bizarrement elle ne mourrut pas. Elle sentit son corps tomber sur les autres corps, et sa tête rouler dans un coin de la pièce. Elle gicla de sang, tant et tant que les murs rougissèrent. Et là, encore plus étrange, sa conscience se divisa en deux. Elle était à la fois une tête dans le coin de la salle et soi-même à nouveau dans sa chambre. Elle entendit ensuite des cris. Et des rires. Sa deuxième forme, celle normalement constituée, se précipita dans la pièce. L'homme avait réapparu. Se produit alors exactement la même scène que quelques minutes auparavant.
Puis son deuxième corps fut décapité.
Elle se réincarna dans un troisième corps.
Elle était prise dans une boucle temporelle, destinée à souffrir éternellement.
Fin.
À moins qu'elle ne trouve une solution.

Retranscription de la journée Jade Viridi, chef des Tempêtes Vertes

Mais oui, bien sûr. C'était un piège, de toute évidence. Mais en même temps, cela semblait si inoffensif.
« - En même temps, c'est forcément un guet-apens. Je te rappelle qu'ils ont Mercure dans leur camp.
- Je ne comprends toujours pas comment il a fait pour se retrouver avec les rouges.
Je tripote mon écharpe. Il fait un temps glacial.
- Je sais, Azul. Mais qu'est-ce qu'on a fait de mal, hein ? Qu'est-ce qu'on nous reproche ? Ils auraient dû tranquillement accepter qu'on soit leurs égaux.
- On ne peut pas l'être. Nous sommes les faibles pour certains, les failles à la perfection pour d'autres. Et puis, moi je n'ai rien fait de mal, mais toi si.
- Nous ne faisons que créer et développer une prospérité. Je ne vois pas de déficient ou de fragilité là-dedans.
- Nous sommes censés protéger, et pourtant nous causons la guerre.
- Eux la causent, pas nous. Je me suis déjà excusée publiquement.
- Jade... », marmonne-t-il. Il me pousse pour m'indiquer le chemin et se met à rouspéter : « trop têtue pour être cheffe, celle-lâ ... ». Je passe outre et me concentre sur le chemin à emprunter. Une fois qu'on sera rentrés au bunker, on aura de quoi se réchauffer, et c'est tout ce qui importe pour le moment. La guerre, les morts, les blessés ... tout cela viendra après un bon café.
La proposition de Scarlett était simplissime, et c'est ça qui éveillait mes soupçons. L'idée de protéger mes enfants est en relation avec ma nature même, mais les éloigner de moi serait néanmoins assez risqué : ne sait-on jamais, chez les humains, tout peut arriver ... pour le meilleur ou pour le pire.
En tout cas, chez les humains, ce sera mieux qu'ici.

Cette espèce de malédiction ... nan mais. Sérieusement. Une boucle temporelle ? Bravo, vraiment, bravo.
Et pourquoi ne pouvait-elle pas bouger, de sorte à changer le cours des choses ? Lui prendre sa hache, au moins ? Rien. Son cerveau ne lui obéissait pas. Enfin, ses cerveaux. Rah.
Enfin, si, au tout début, elle restait une ou deux minutes seule dans sa chambre, elle pouvait faire ce qu'elle voulait. Mais, quoi qu'elle fasse, où qu'elle aille, après quelques courtes minutes de quartier libre, elle n'avait plus possession de son corps.
Elle ne pouvait empêcher son corps de courrir vers la chambre, de rester immobile. En fait, elle ne faisait que revivre la scène passivement.
Avec la douleur en plus, bien sûr.
C'est aussi pourquoi Enora mit un temps conséquent à élaborer un plan.
Le gars avait parlé de tempête rouge.
Elle se mit alors à faire des recherches sur Internet, entre deux coups de haches, dans sa chambre. Elle ne trouva rien qui puisse expliquer le phénomène qu'elle traversait.
Alors elle décida de se faire passer pour « une tempête rouge ».

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