Ce lundi là, elle retrouva sa chambre comme les premières heures du premier jour : Elle contenait un seul lit et ses affaires à elle seule. Alaïs était donc parti, sans prévenir, du jour au lendemain. Elle ne pouvait quand même pas partir juste pour ça, enfin pas comme ça. Au moins, c'était sûre que maintenant elles n'auraient plus a se supporter l'une l'autre, et puis quoi de mieux que de la distance pour étouffer des sentiments. Parce que, elle avait beau le réfuter, c'était clair que Salva est vraiment attiré par Alaïs, ce n'était plus un secret pour elle même. Le problème était maintenant de les éradiquer, le point bonus c'était que elle ne pouvait le ressentir que quand elles sont en face l'une de l'autre.
C'est donc dans sa petite robe noir qu'elle franchit le seuil de l'amphi pour aller s'installer auprès de Cris et Adriana. Y'a pas foule, quelques places seulement sont libres, c'est toujours pareil en cours de littérature appliquée. le professeur vient juste de prendre la parole, les lèvres effleurant son micro en polystyrène.
— Bien le bonjour, on va reprendre où ont s'est arrêté la dernière fois, c'est à dire à la lecture méthodique des fleurs du mal. Qui peut me rappeler qui est l'auteur de ce recueil ?
Aucun volontaire se prononça, pourtant tous calme. Quand il voulut répondre par lui même, une voix sortît du lot et surpris tout le monde dans la salle :
— L'auteur de ce recueil est Charles Baudelaire Mr.
Sans suspens, c'était bien évidemment l'américaine qui avait parlé, à peine entrer dans la salle. Elle défit ses affaires sur la place où elle venait de s'arrêter avant de prendre place, sous les regards ébahis des autres étudiants, salva y compris.
— Merci Mlle Warner, mais la prochaine fois n'arrivez plus en retard, ça me fera plaisir. Vous pouvez s'il vous plaît continuer avec la lecture des textes susmentionné. Insiste t-il
Il vint lui apporter son micro qu'elle prît sans tâtonnement. Le temps de se mettre à la page, elle se retrouvait déjà débout puis commença sa lecture :
" Souvent, pour s'amuser, les hommes d'équipage Prennent des albatros, vastes oiseaux des mers, Qui suivent, indolents compagnons de voyage, Le navire glissant sur les gouffres amers (...) "
Pendant qu'elle lisait, salva elle, se sentait comme transportée, elle n'était plus là mais dans les sons de la voix de son américaine. Son accent anglais rendait sa lecture encore plus passionnante, pourtant elle l'avait elle-même lu plus d'une fois. L'effet de la lectrice sur la lecture ? C'est certain.
Comment pouvait on être si... irréprochable ? Comment pouvait elle agir autant sur elle, juste avec sa présence. La perfection n'était qu'idéologique à cet instant là, elle pouvait la lui attribuer sans réserve.
— Sali ? Tu m'écoutes ? Cris la secoue légèrement, l'air inquiète.
— Pardon ?
— Qu'est-ce que t'en pense alors ? Reprit Adriana, semblant attendre une réponse.
Elle fit les gros yeux, essayant peut-être de retrouver un fichier caché dans sa mémoire de ce dont elles pouvaient bien lui raconter pendant sa rêverie.
— Euh... je pense que... les manifs contre la PMA sont vraiment triste ?
Cris devint rouge tellement elle s'empêchait d'éclater de rires.
— Ma pauvre t'étais complètement obnubilée par Alaïs, ça se voyait même à l'autre bout de la ville. Ricane Adriana
— Mais n'importe quoi ! J'ai juste pas entendu de quoi vous parliez
— C'est exactement ça le problème, on ne parlait de rien. Éclate t-elle de rires
— On vous dérange peut être ? Dit le professeur.
VOUS LISEZ
Signorina Salva
RomantizmSalva Gíno, une italienne native passionnée de Cuisine, plongée dans la monotonie quotidienne et les idées reçues. Rien de bien extraordinaire, une vie religieuse et une situation sociale stable. Pourtant, les yeux de Cristal de cette américaine pro...
