Chapitre 8 : entre messages et envies

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Brisbane, 17 juin, 07h10.

— Non, non. Ce n'est pas ce que j'ai dit.

Dans la forêt, en train de pousser la poussette dans laquelle Charlotte gazouillait depuis un moment déjà, Marjorie s'époumonait à calmer son assistante Emma, sur son retour possible à New-York.

— Arrête de paniquer parceque tu me rends nerveuse et après je ne sais plus ce que je dis ! S'écria t-elle angoissée.

— Alors dis moi clairement si tu reviens ou pas.

— Je reviens, mais pas maintenant.

— Quand alors ?

— Eh bien... je ne sais pas.

— C'est quand tu dis ce genre de choses que je me mets à paniquer.

— Mais il n'y a pas de quoi en faire un fromage, vraiment. Tu sais t'occuper du magasin sans moi.

— Sauf quand il s'agit de ton client là, monsieur Weiss ! Il est insupportable et franchement désagréable ! râla Emma au téléphone.

Marjorie se gratta le front et souffla d'exaspération.

— Je pensais qu'il te plaisait.

— Il est beau mais chiant et tellement énervant ! C'est comme un férié qui tombe le dimanche, tu vois le truc ?!

— Ok, laisse moi deviner. Il t'as envoyé balader quand tu lui as souhaité joyeux anniversaire ?

— "Je ne fête pas mon anniversaire" il m'a répondu méchamment avant de sortir de la boutique sans m'accorder un seul regard ! Non mais, tu te rends compte !

Marjorie esquissa un sourire moqueur en imaginant son assistante, rouge de colère, très certainement entrain de se défouler sur un bouquet de rose, une pince à couper à la main. Depuis qu'elle avait flashé sur le beau propriétaire du restaurant d'en face qui ressemblait plus à un guerrier viking qu'à un chef étoilé, Emma était dans tous ses états et pétait un câble quand ce dernier n'osait même pas la regarder, elle pourtant si jolie avec ses grands yeux couleur ambre, son sourire candide, ses tâches de rousseur joliment éparpillés sur son petit nez en trompette et ses longs cheveux blonds vénitien qui touchaient presque ses fesses rebondies.

— Emma Graziella De Suza, j'espère que tu n'es pas en train de massacrer mes roses à coup de sécateur parceque sinon c'est ton salaire que je couperais en deux !

Marjorie l'entendit se racler la gorge puis prononcer un timide "non, non".

— Pardon, c'est juste qu'il me rend dingue ce mec ! C'est le seul homme de la terre qui me plaît bien, beaucoup même, et il m'ignore comme si je n'existais pas. J'ai rêvé de lui la nuit dernière et... oh, t'aurais dû être là. C'était chaud bouillant ! J'ai mouillé ma culotte comme jamais.

Une main devant la bouche, Marjorie ne pût résister longtemps à l'envie de rire. Elle reconnaissait bien là son assistante et amie. Pour une pucelle, elle n'était pas timide et parlait ouvertement de sexe comme si elle en connaissait pas mal sur le sujet et avait déjà joui sous les coups de rein d'un homme.

— Rigole pas, je suis sérieuse. C'est comme si j'avais attrapé un virus et impossible pour moi de penser à autre chose que lui et son corps d'athlète qui me fait saliver chaque fois qu'il passe la porte en t-shirt moulant. J'ai attrapé le virus Weiss tu crois ?

Sans réussir à se contrôler plus longtemps, Marjorie éclata de rire.

— J'aurais pû te dire oui mais le virus Weiss n'existe pas et mon petit doigt me dit que tu devrais l'ignorer comme lui le fait.

Jonathan Où les histoires vivent. Découvrez maintenant