chapitre 27 : retour malaisant

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Gold Coast, Australie, penthouse de Jonathan, 03 juillet.

Jonathan ferma à double tour derrière lui après que Marjorie se soit engouffrée dans son appartement, Charlotte profondément endormie dans ses bras, ignorant avec un pincement au cœur, les regards interrogateurs et incompris qu'elle lui lançait depuis que leur avion avait foulé le sol australien. Jonathan s'était montré extrêmement silencieux et taciturne, mais aussi nerveux, inquiétant plus que tout sa fiancée qui ne comprenait pas ce qui pouvait le tracasser et pourquoi si soudainement.

Il avait agi en véritable garde du corps en les faisant sortir de l'aéroport par une sortie plus discrète afin d'éviter d'éventuels paparazzis postés à l'entrée en train de faire le pied de grue et enfin, ils étaient rentrés à l'appartement sans détour, prétextant pour sa part vouloir tout d'abord qu'elles se reposent en raison du long voyage qu'ils venaient de faire.

Marjorie se sentit piéger. Elle commença à se demander si elle n'avait pas fait une erreur en revenant ici. Jonathan se semblait plus être l'homme insouciant et tendre qu'il était pendant leur court séjour à New York. Il donnait l'impression d'être redevenu cet homme inaccessible et distant qu'avait engendré la rancœur de leur séparation.

— Jonathan, est-ce que tout va bien ?

— Oui. rétorqua-t-il simplement en extirpant son téléphone de la poche de son pantalon, préoccupé par toutes ces choses qui se racontaient sur sa fiancée.

Pas le moins du monde soulagé, ni rassuré d'être rentré, il consulta son smartphone, le front plissé et fit défiler les nombreux articles parlant de la vie de Marjorie qu'il ne s'était pas donné la peine de lire.

— Je vais coucher Charlotte.

Jonathan hocha simplement la tête en émettant un simple "hum" à peine prononcé.

Marjorie sentit comme un léger pincement au cœur. Son indifférence et sa froideur soudaine lui donnèrent le tournis. Elle aurait aimé savoir ce qui n'allait pas avec lui, mais encore fallait-il qu'elle réussisse à le faire parler.

— Je sors. Toi tu reste ici et tu n'ouvres à personne, c'est compris ? lui lança-t-il en attrapant ses clés de voiture.

— Mais... où vas tu aussi vite ? Jonathan tu n'es pas dans...

— Tu sais quoi ? Je vais fermer à clé. Je serais vite rentré de toute façon.

Déconcertée de s'être faite couper la parole de façon aussi abrupte, Marjorie lui fit les gros yeux.

— Tu vas m'enfermer ici ? J'ai dû mal à te suivre !

— J'en ai pour une petite heure, pas plus. Je t'aime chérie ! lança-t-il peu enthousiaste.

Larguée, Marjorie resta coite, les yeux ronds comme des soucoupes, lorsqu'elle réalisa qu'il les avait bel et bien enfermé. Impuissante, elle se laissa tomber sur le canapé, pensive, l'estomac noué.

Elle ignorait ce qu'il se passait, mais il ne lui en fallut pas plus pour se faire sa propre idée de la situation et parier qu'à tous les coups, il ne pouvait s'agir que de son père, Logan.

— Il se passe quoi avec ton père, mon amour ? murmura-t-elle le regard perdu sur la vue imprenable qu'elle avait de la ville depuis cet étage.

Marjorie laissa échapper un soupir à hauteur de son agacement. Avec tous ses non-dits, elle ne serait pas tranquille et durant l'heure qui allait suivre, rien ne saurait l'apaiser. Rien à part le retour imminent de son fiancé qui, elle l'espérait, s'empresserait de tout lui raconter.

Marjorie renversa la tête sur le dossier du canapé en râlant déjà contre le monde, frustrée de ne pas savoir ce qu'il se passait quand ses yeux tombèrent sur le téléphone fixe sagement posé sur la table d'appoint à côté du canapé.

Jonathan Où les histoires vivent. Découvrez maintenant