— Et maintenant ? Qu'est-ce qu'elle fait ?
— Elle danse Monsieur.
— Elle danse ?
— Oui. Avec votre fille. Et tout en faisant des cookies. Vous devriez la voir Monsieur, elle est de bonne humeur... pour une fois.
Assis derrière son bureau, Jonathan arqua un sourcil lorsque Murphy, son homme de main lâcha cette petite info plus qu'inattendue, au téléphone. Jonathan se redressa sur son siège, faisant couiner le cuir de son fauteuil. Il s'était attendu à tout, notamment à la savoir triste, déprimée, mais pas en train de danser.
Voilà déjà plus d'une semaine qu'elle avait emménagé dans son tout nouvel appartement, plus d'une semaine qu'il ne l'avait vu qu'à travers les yeux du garde du corps qu'il avait posté au pied de son immeuble pour s'assurer qu'il ne lui arrive rien à elle et à Charlotte et plus d'une semaine qu'il était en manque d'elle, de sa bouche, son corps, sa voix. Tout lui manquait chez elle. Jonathan réalisa à quel point être loin de cette femme lui était pénible. C'est à peine s'il parvenait à trouver le sommeil la nuit et à manger correctement. Il n'avait plus goût à rien. Sans elle, la vie était fade. Même l'air qu'il respirait lui semblait lourd, quasi irrespirable et chaque bouffée presque aussi douloureuse que les battements de son cœur.
Il lança un bref regard en direction de la jeune femme assise à ses pieds. Une sucette en bouche qu'elle suçait avec beaucoup de sérieux, elle s'appliquait à gribouiller studieusement sur sa tablette tactile comme si sa vie en dépendait, de beaux dessins digne d'un livre de conte pour enfants.
Jonathan esquissa un sourire en coin alors que son regard se perdit dans son décolleté plongeant qui dévoilait bien plus qu'il n'en devrait. Les bordures en dentelle d'un magnifique soutien-gorge noir qui soulignait à la perfection la courbe de ses beaux seins remplis et galbés, et pour être pleins ils l'étaient. Jonathan s'était mainte fois demandé comment une gamine de son âge pouvait être pourvu d'aussi belle formes. Emma attirait les regards, ça c'était un fait. C'était le fantasme de tous les hommes parfaitement hétéro. Il avait pu le constater quand il était allé la chercher à l'aéroport lorsqu'enfin, après l'avoir supplié trois jours entiers et s'être fait insulter en espagnol comme il se devait, l'assistante de sa fiancée avait accepté de venir pour l'aider à la reconquérir. Des têtes s'étaient retournées sur son passage, des regards, égarés sur ses jambes mises à nues par la petite robe à imprimé fleurie rose bonbon qu'elle portait et bien sûr, dans sa poitrine opulente ornée de petits bijoux à breloques qui pendaient à son cou gracile.
Elle était séduisante à damner un saint.
S'admonestant intérieurement, il détourna sèchement les yeux de la bombe sexuelle à ses pieds lorsque des yeux bleus océan s'imposèrent à son esprit. Des saphirs qui firent se tendre son sexe, emprisonné dans son boxer, d'une perfide manière. Jonathan détesta. Il n'y avait rien de plus frustrant que ça.
— Monsieur vous êtes toujours là ?
La voix de Murphy qui résonna dans le micro de son téléphone le fit revenir du monde dans lequel il s'était perdu l'espace de quelques instants. Dans son monde à lui et à Marjorie où il se voyait encore dans ses bras, sur elle, à la faire gémir timidement sous ses coups de reins fougueux. Jonathan ne voulait qu'elle dans son lit ce soir et pas une autre. Juste elle. Pour ce soir et les autres nuits à venir.
Il se racla la gorge et articula d'une voix rocailleuse :
— Oui, oui ! Je suis toujours là. Je t'écoute Murphy.
— Je vous appelle dès qu'il y a du nouveau.
Jonathan raccrocha immédiatement et balança son téléphone sur son bureau, tirant Emma de son travail. Intriguée par l'humeur de chien qui n'avait pas quitté l'homme en face d'elle durant ces quelques jours passés en sa compagnie, elle leva ses yeux ambrés sur lui.
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Jonathan
RomanceTOME 2 de Marjorie Deux ans ont passé depuis que Jonathan est parti de chez lui sans accorder un seul regard à la seule femme qui n'ait jamais vraiment compté dans sa vie. Blessé, il a coupé les ponts avec ses proches et ne vit plus que pour son tr...
