chapitre 9 : douloureuse vérité

292 28 9
                                        

Maison familiale des Green, 18 juin, 8h10.

Entrain de prendre son petit-déjeuner dans la cuisine, Marjorie prenait plaisir à raconter la nuit qu'elle avait passer à discuter avec Jonathan par texto, à sa fille quand Beatrice, sa mère, rentra enfin chez elle après s'être absenté une nuit entière. Quelque peu débraillée et épuisée, elle laissa traîner ses hauts talons et son manteau de fourrure sur la console à l'entrée et s'engageait dans les escaliers pour aller se reposer dans sa chambre mais se stoppa soudainement, surprise par la présence de sa fille sur ses talons qui la fit sursauter.

— Bonjour maman.

— Marjorie ? Mais qu'est-ce que tu fais là ? Je te pensais à Brisbane.

— Je suis rentrée plus tôt que prévu. T'as passé la nuit dehors ? Où est papa ?

Béatrice ouvrit la bouche, mais n'ayant pas la moindre idée du mensonge qu'elle devait sortir à sa fille pour lui expliquer le pourquoi de son absence ainsi que celle de son ex époux, elle bégaya, prise sur le fait.

— Euh... je... il est sûrement allé travailler.

— Comment ça il est allé travailler alors qu'il n'a même pas dormi ici. Maman tu me cache quelque chose, je le sens.

— Allons ! Pas la peine d'en faire un fromage. Nous sommes adultes et... et je n'ai pas d'explications à te donner sur ce que j'ai fait avec ton père ou pas. Ça ne te regarde pas jeune fille, conclut-elle les mains sur les hanches faussement autoritaire.

Marjorie l'observa les yeux plissés, tentant de la percer à jour mais connaissant sa mère, elle sût qu'elle n'obtiendrait rien de plus. Cette femme pouvait se montrer aussi muette que sa fille quand elle ne voulait pas parler de ses petits tracas et secrets.

— J'appelle papa ! déclara t-elle après un moment.

— Non, non ! Laisse ton père en dehors de ça, il sait tout alors...

— J'ai pas l'impression qu'il soit au courant de grand chose puisqu'il ne met jamais les pieds ici.

— Mais qu'est-ce que tu vas inventer !

— Je sais très bien ce que je dis maman même si je ne sais pas bien ce qui se trame ici et je compte bien le découvrir !

Sa mère allait pour protester quand la porte d'entrée claqua.

— Ah tu vois ! C'est ton père !

— Non, c'est Jay ! cria ce dernier  depuis le vestibule.

Il rejoignit sa mère et sa sœur dans la cuisine, surpris de voir Marjorie, lancer à leur mère, des regards remplis de reproches. Il eut l'impression de mettre les pieds sur un territoire qui n'était pas le sien. Quand ces deux femmes s'affrontaient, mieux valait ne pas être dans les parages.

— Euh... bonjour ! Je peux savoir ce qui se passe ici ?

— Maman a passé la nuit dehors ! dénonça Marjorie sans prendre de pincettes.

— Ah ! Génial ! Bravo la cafteuse ! Non, mais... j'ai passé l'âge de ces bêtises ! Marjorie, je suis adulte, de surcroît ta mère alors je n'ai pas besoin de me justifier quand je rentre tard chez moi et je me passerais bien de ce ton que tu emploies avec moi, attention !

Elle tourna les talons et, d'un geste de la main, demanda à Jay de se pousser de son passage mais Marjorie la retint par le bras, les yeux déjà larmoyants à cause de ce qu'elle croyait comprendre concernant la situation ambigüe que Béatrice s'obstinait à ne pas vouloir éclaircir.

— Tu trompes papa, c'est ça ?

La réaction de sa mère ne se fit pas attendre. Offusquée qu'on puisse penser cela d'elle, elle écarquilla les yeux et donna une petite tape sur la main de sa fille pour lui faire lâcher sa prise.

Jonathan Où les histoires vivent. Découvrez maintenant