Penthouse de Jonathan, 11 juin, 10 : 22.
Ce matin là, Jonathan fût tiré de son sommeil par la sonnette qui résonna sans arrêt dans tout l'appartement. Il quitta son lit en grognant et ouvrit la porte prêt à crier sur l'individu qui osait le réveiller après la nuit blanche qu'il venait de passer mais le visage d'ange qui se dévoila à lui, fit fondre comme neige au soleil, sa colère et sa mauvaise humeur.
Un sourire en coin, il s'écarta et la laissa passer, l'invitant à entrer dans son antre.
Marjorie ne se fit pas prier et pénétra chez lui, non sans ressentir un nœud lui tordre l'estomac. Resserant la lanière de son sac en cuir, elle prit une profonde inspiration avant de lui adresser la parole sans prendre la peine de s'emmerder avec les formules de politesse.
— Où est ma fille ?
— Ta fille ou notre fille ?
— Attention à toi Jonathan, je ne suis pas d'humeur ! J'ai passé la nuit à te chercher puisque personne ne sait que tu vis ici. Je n'ai pas dormi et j'ai les nerfs à fleurs de peau alors rends moi ma fille et tout de suite ! T'imagine même pas la peur que j'ai eu en ne la trouvant pas à la maison. Rends la moi, je t'en prie.
Imperturbable, Jonathan l'observa se démener avec les sentiments qui faisaient rage en elle avant de décider de l'approcher. Il n'aurait jamais crû qu'elle le trouverait aussi vite. Il constata qu'elle portait la même robe jaune canari d'hier, signe qu'elle n'avait pas dormi de la nuit. Un petit pincement au cœur se fit ressentir quand il pensa à la nuit blanche qu'elle avait dû passer à chercher Charlotte mais il ne s'attarda pas plus longtemps sur ce petit détail quand il vit qu'elle tentait de le fuir.
Ses yeux bleus exprimaient toute la colère qu'elle avait à son égard mais son corps lui, avait peur. Peur des sentiments et des sensations que lui seul avait le pouvoir de faire naître en elle. Surtout quand il la sondait avec ces yeux gris d'une intensité à couper le souffle. Les deux ans d'abstinence que Marjorie s'était volontairement imposée commencèrent à lui peser.
Jonathan était entrain de la réveiller tout doucement, sans avoir besoin de la toucher.
— Ma fille Jonathan, où est elle ?
— C'est aussi ma fille, au cas où tu l'aurais oublié.
Plus menaçant que jamais, il la fit reculer jusqu'à ce son dos se heurta au mur derrière elle puis posa ses mains, de part et d'autre de sa tête, l'empêchant ainsi de prendre la fuite. Marjorie déglutit péniblement avant de se mordre la lèvre inférieure, aucunement préparée à affronter cette situation qu'elle avait espéré, n'arriverait jamais. Elle rêvait peut-être secrètement de revoir Jonathan et de se perdre une fois de plus dans ses bras vigoureux mais quand elle repensait à ce qu'il lui avait dit le soir qui avait signé la fin de leur histoire, elle se dépêchait de chasser cette idée folle dans un coin reculé de sa tête et se concentrait uniquement sur sa fille. C'est comme cela qu'elle était parvenu à tenir bon à New York sans cet homme qui lui manquait cruellement. Charlotte avait su lui insuffler la force nécessaire pour ne pas craquer.
— Ta fille ? T'es sérieux ? Tu voudrais peut-être que je te rappelle ce que tu m'as dit quand j'ai tenté de te dire que j'étais enceinte !
— Je sais très bien ce que j'ai dit mais ce n'est plus pareil maintenant.
— Ah non ?! S'écria t-elle hors d'elle, et qu'est-ce qui a changé monsieur Donovan ? Tu t'es rendu compte que tu ferais un excellent père ou c'est simplement le fait de voir qu'elle ressemble à ta mère qui te pousse à la vouloir ?
— Dis pas de sottises !
— Le seul ici qui dit des sottises, c'est toi.
Il n'était plus question pour Marjorie de se contenir quand elle entendit ces mots sortir de sa bouche. Elle posa ses mains sur son torse et le repoussa avec toute la rage qui l'habitait.
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Jonathan
RomanceTOME 2 de Marjorie Deux ans ont passé depuis que Jonathan est parti de chez lui sans accorder un seul regard à la seule femme qui n'ait jamais vraiment compté dans sa vie. Blessé, il a coupé les ponts avec ses proches et ne vit plus que pour son tr...
