chapitre 18 : rédemption

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New York, appartement de Marjorie, 8:45.

Penchée au-dessus de Jonathan, les lèvres toutes proches de son oreille, Marjorie s'amusait à lui chuchoter des petits mots d'amour pour le réveiller. La tête enfouit dans son oreiller, Jonathan ne semblait pas prêt à ouvrir les yeux. Les bras repliés sous sa tête, le visage plus détendu que jamais, la respiration lourde et paisible, il donnait l'impression de récupérer des heures de sommeil. C'était à croire que le seul remède à ses insomnies ne fût que la délicieuse femme cambrée au-dessus de lui.
Marjorie dû se mettre à farfouiller dans ses cheveux noirs en bataille pour forcer les choses sinon, il ne se réveillerait que tard dans la matinée.

— Debout gros paresseux ! C'est l'heure.

— L'heure pour quoi ?! marmonna t-il au prix d'un grand effort.

Marjorie se redressa en roulant des yeux.

— J'ai besoin de toi pour garder Charlotte. Je dois aller bosser !

Complètement réveillé désormais, il se redressa sur son avant-bras, reposé et la tête vidée de toute inquiétude. Ça faisait des lustres qu'il ne s'était pas senti aussi bien dès le réveil.

Il avisa son petit tailleur rouge avec un sourire sur les lèvres en l'imaginant travailler pour lui. Le short élégant mettait en valeur ses belles jambes qu'il rêvait de caresser à chaque fois qu'elle les découvrait  de cette façon.

— Ce que t'es jolie pour une fleuriste.

— Donc les fleuristes ne sont pas jolies ? C'est ce que tu dis ?

— Mais non ! Je t'imaginais en jean et baskets, pas comme ça. Là, on dirait juste une secrétaire... vachement sexy.

— Dis pas de sottises et lève toi. Le petit monstre ne va pas tarder à se réveiller.

Marjorie jeta un coup d'œil à sa montre avant de faire la grimace. Elle attrapa son petit sac à main puis se tourna vers Jonathan qu'elle admira une dernière fois en se mordant la lèvre, gardant en mémoire cette image torride de lui, avant d'aller affronter le monde fou, là dehors.

— Je file avant de plus y arriver. J'ai tellement envie de rester avec toi.

— Reste alors.

Jouant de ses charmes, il ôta le drap qui le couvrait et, les bras croisés derrière sa tête, il lui dévoila la bosse qui déformait le devant de son pyjama. La vue quasi excitante que Marjorie avait de son érection matinale réchauffa agréablement son bas-ventre. Le rouge lui monta aux joues et, d'une petite voix languissante, elle geignit :

— Tu ne m'aides pas.

— Je sais. Alors ?

— Alors...

Le klaxon qui retentit fortement en bas de l'immeuble l'interrompit sur sa lancée. Emma commençait à prendre racine au volant de sa voiture. Marjorie fût obligée de mettre un terme à ce petit jeu plaisant.

— ... Je vais devoir te laisser. Téléphone moi si besoin ! Je t'aime !

— Je t'aime.

Marjorie fila en quatrième vitesse, laissant derrière elle un Jonathan plus frustré que jamais. Quelque peu embêté, il se redressa en maugréant dans sa barbe. Les coudes posés sur ses cuisses et la tête baissée, il se gratta l'arrière du crâne tandis que les souvenirs de cette nuit lui revenaient tout doucement en mémoire, notamment la longue déclaration d'amour en rapport avec sa demande en mariage.

Le petit air jovial sur le visage de sa petite amie ce matin était sans doute la preuve qu'elle n'avait rien entendu de son monologue, autrement, elle aurait sans doute montré des signes d'angoisse. Elle était nulle pour cacher ses sentiments et ses émotions. Il en était sûre.

Jonathan Où les histoires vivent. Découvrez maintenant