La tête dans son magazine, Marjorie piquait du nez quand Jonathan la secoua gentiment, la réveillant brusquement. Elle sursauta et leva la tête, quelque peu désorientée avant de rencontrer le regard gris de son ex qui sût la calmer de suite. Elle se souvint alors dans quel lieu elle se trouvait et lui adressa un sourire timide.
— Ça va ? Pas trop fatigué ?
Il lui sourit également en retour et s'accroupit devant elle, replaçant par la même occasion, quelques de ses mèches rousses rebelles derrière son oreille. Un geste qui l'émoustilla dangereusement.
— Non.
— T'es sûre ? On peut toujours annuler.
— Oh non. Surtout pas et puis... je meurs de faim.
Jonathan émit un petit rire devant le ton presque suppliant qu'elle avait adopté. Il hocha la tête de haut en bas puis approcha ses lèvres de son front couvert par sa frange, qu'il dégagea à l'aide de ses doigts pour y déposer un baiser brûlant et tendre.
Marjorie l'accueillit avec un soupir tremblant. Ces gestes remplis d'amour l'avaient tant manqué. Elle en avait rêvé jour et nuit et aujourd'hui son rêve le plus cher se réalisait.
— J'adore ta nouvelle coiffure. Cette frange te va bien.
— Merci. J'avais envie de changer.
— Hum... J'ai réservé dans un endroit sympa, faut pas qu'on soit en retard.
Il se releva, la prit par la main et l'entraîna à sa suite vers l'ascenseur en souhaitant une bonne nuit à sa secrétaire, laquelle lui adressa un petit signe de la main après avoir fusillé Marjorie du regard. Amalia n'avait pas apprécié courir après elle, encore moins avec ces talons hauts.
Dans l'habitacle en métal, son sac à main sous le bras, Marjorie s'appuya contre les parois de l'appareil, en face de Jonathan qui terminait d'appuyer sur le bouton pour les faire déscendre dans le parking.
— Ta secrétaire n'a pas l'air de m'aimer.
Un sourire se dessina sur le coin de ses lèvres. Jonathan fit basculer sa tête en arrière, réprimant toutes les images salaces qui lui traversèrent l'esprit, prenant vie à chaque fois qu'elle voulait ouvrir sa jolie bouche pulpeuse où il ne pouvait s'empêcher de voir son membre s'y glisser. Il résistait à l'envie de la prendre dans cet ascenseur et faisait tout pour se comporter en véritable gentleman. Après tout, il ne souhaitait pas l'effrayer et lui faire croire qu'il était devenu un obsédé du sexe.
— Je ne vois pas ce qu'il y a de drôle.
— Non, c'est... c'est moi qui... qui... laisse tomber.
Il se racla la gorge, reprenant un semblant de calme et fixa les numéros devant lui qui défilaient à vitesse d'escargot, n'arrangeant rien à l'ambiance qu'il pouvait sentir lourde et chargée de tension dans ce grand espace qu'il trouva subitement étriqué. Marjorie aussi le ressentait et il le savait. Elle gardait constamment les yeux baissés, se mordait la lèvre inférieure sans cesse -geste qui faisait son effet sur Jonathan qui ne contrôlerait bientôt plus rien- et le détail qui ne pouvait pas lui échapper, ses joues étaient devenues toutes rouges, une jolie couleur qui apporta de la candeur à son visage de poupée qu'il aimait plus que tout admirer.
— C'est drôlement long, hein ? Fit-elle d'une petite voix mal assurée pour tenter de détendre l'atmosphère.
Long... une fois de plus, les pensées de Jonathan divergèrent vers des choses très peu catholiques. Il ne pût s'empêcher de penser à sa hampe tendue dans son pantalon quémandant la chaleur de la langue de la jeune femme qui s'était mise à mordiller son pouce, stressée comme jamais.
VOUS LISEZ
Jonathan
RomanceTOME 2 de Marjorie Deux ans ont passé depuis que Jonathan est parti de chez lui sans accorder un seul regard à la seule femme qui n'ait jamais vraiment compté dans sa vie. Blessé, il a coupé les ponts avec ses proches et ne vit plus que pour son tr...
