— Marjorie ! Marjorie ! Marjorie, tu m'entends ? Ouvre les yeux ! Allez !
Marjorie émergea d'un sommeil comateux sous les petites gifles que lui mettait Russel. Penché au-dessus d'elle, il s'appliquait à la réveiller du mieux qu'il pouvait depuis qu'il avait trouvé son fils en panique quand ce dernier lui avait annoncé avoir appelé une ambulance parce qu'elle ne s'était pas réveillée.
— Dieu merci ! Marjorie, est-ce que ça va ?
Encore dans le brouillard, Marjorie fronça les sourcils, complètement à l'ouest. La bouche pâteuse, elle se redressa avec énormément de difficulté et grimaça aussitôt lorsqu'un mal de tête lancinant lui vrilla le crâne douloureusement.
— Qu'est-ce qui se passe ? geignit-elle en repoussant faiblement le corps massif de Russel penché au-dessus d'elle.
— Tu nous a fait une peur bleue !
— Quoi ? Mais pourquoi ?
— Matthew n'a pas réussi à te réveiller ce matin alors il a appelé les secours. Ça va faire trois bonnes minutes que j'essaie de te réveiller. T'es sûre que ça va ?
— Oui... enfin je crois.
Elle se massa la nuque, un tantinet embarrassée, toujours et encore dans le flou le plus total. C'est à peine si Marjorie comprenait ce qu'il se passait et pourquoi Russel tirait une tête aussi grave.
Elle dormait ! Pourquoi donc s'alarmer pour quelque chose d'aussi banale et de toute évidence, logique ? Marjorie était complètement perdue.
Pour tenter d'avoir l'esprit clair, elle s'empressa de se lever. Elle regretta ce geste l'instant d'après. Chancelante, elle crut que son cerveau allait exploser d'un moment à l'autre tant il lui faisait mal. Russel la força à se rasseoir immédiatement lorsqu'un gémissement de douleur s'échappa d'entre ses lèvres.
— Reste assise.
— Je ne comprends pas ce qui se passe ! Je dormais... c'est tout.
Peu fier de ce qu'il soupçonnait à son sujet, Russel se tourna vers son fils qui les observait de loin, tenant fermement la main de Charlotte dans la sienne.
— Hey, bonhomme ! Et si tu nous laissait discuter avec Marjorie. On a des trucs à se dire.
— Des trucs de grande personne ?
— C'est ça, oui ! Des trucs de grande personne. Allez vous mettre devant la télé toi et Charlotte, ok ? Je serais là dans dix petites minutes.
Matthew jeta un dernier regard à Marjorie qui l'encouragea à les laisser seuls en lui adressant un sourire rassurant. Avec son approbation, le petit garçon referma la porte derrière lui, les sourcils aussi froncés que possible et l'air inquiet, très inquiet pour la maman de son amoureuse. Marjorie semblait ne pas aller au meilleur de sa forme et ça l'effrayait, énormément. Derrière sa grande frayeur, se cachait une vérité enfouie dans son petit cœur innocent qu'il n'osait dévoiler par crainte. Uniquement, par crainte de voir l'impensable survenir.
Se pourrait-il qu'il eut la réponse à tout ce remue-ménage sans qu'il ne le sache ?
Plus inquiet que d'habitude pour la mère de Charlotte, Russel prit place à ses côtés en prenant tout de même le soin de garder une distance raisonnable entre eux.
Dans l'attente de ce qu'elle devinait être un sujet très délicat qu'il était sur le point d'aborder avec elle, Marjorie attendit, angoissée à l'idée de faire encore l'objet de spéculations quelconque même à ses yeux à lui. Elle était intimement convaincu qu'il mettrait le sujet des drogues sur le tapis. Cette façon consterné qu'il avait de la regarder, avec pitié, gêne et empathie mêlés, lui mit la puce à l'oreille.
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Jonathan
RomansaTOME 2 de Marjorie Deux ans ont passé depuis que Jonathan est parti de chez lui sans accorder un seul regard à la seule femme qui n'ait jamais vraiment compté dans sa vie. Blessé, il a coupé les ponts avec ses proches et ne vit plus que pour son tr...
