chapitre 24 : malsaines représailles

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— D'abord son binoclard de frère et maintenant lui ! Rassure moi, il n'y a pas un autre frère dans les parages ? tonna Jonathan en pénétrant dans la chambre.

Marjorie termina de boutonner son pyjama avant de hausser les épaules.

— Je t'en prie Jonathan, il est sûrement venu pour s'excuser !

— C'est pas l'impression qu'il m'a donné !

Les sourcils froncés, elle laissa tomber les coussins qu'elle avait en main sur le sol et lui fit les gros yeux.

— Qu'est-ce que tu veux dire ?

— Me dis pas que t'as pas vu comment il te regardait !

Marjorie balaya l'air devant son visage d'un mouvement de main. Elle ne voulait pas croire ce que Jonathan lui racontait. Russel n'avait pas le droit. Pas après ce qu'il lui avait fait. Il ne pouvait tout simplement pas. Juste par respect pour sa personne et le corps qu'il avait lâchement bafoué.

— Non... fais pas ton jaloux !

Jonathan laissa échapper un rire nerveux.

— T'es sérieuse ? Même ça tu le vois pas ?

— Dis pas de sottises je t'en prie ! Il est marié !

— Oui, mais ça n'a pas empêché sa femme de te faire une scène aujourd'hui ! Comme quoi elle soupçonne que tu couches avec son mari ! C'est un hasard qu'il soit venu te voir tu crois ?

Marjorie ne lui répondit pas. Vexée qu'il remette ce sujet sur la table.

— Tu recommence avec ça !? s'écria-t-elle sur le point de pleurer.

— Non. Je dis juste que si elle le croit, ça veut peut-être dire que j'ai raison et que le frère de ton soit disant ami a des vus sur toi et que Déborah le croit aussi.

Le cœur de Marjorie en rata plus d'un battement. Elle ne voulait pas le croire. C'était impossible. Russel ne pouvait pas se permettre de la désirer, pas après l'avoir... impossible !

— Non. Il... il ferait jamais ça ! balbutia-t-elle en se grattant le front.

Elle attisa la curiosité de Jonathan qui s'empressa de la rejoindre à l'endroit où elle se tenait debout. Il posa ses mains sur ses joues et l'obligea à le regarder droit dans les yeux.

— Tu le connais bien ?

Marjorie secoua frénétiquement la tête en geignant presque, la poitrine comprimée par la douleur engendrée par son mensonge. Elle détestait ça, lui mentir à lui, son tout. Son seul et véritable amour.

— Alors ne fais pas confiance aveuglément. Tu ne sais pas quelles vices l'animent. Je te le demande, ne sois pas naïve mon amour. Je ne suis pas en train de t'accuser, mais je te demande de faire attention. J'ai peur pour toi, je ne veux pas qu'il t'arrive encore du mal.

Marjorie hocha simplement la tête et se lova contre lui, soulagée de voir qu'il n'était pas en colère après elle.

— Éloigne toi d'eux. C'est le meilleur moyen d'éviter les problèmes !

Jonathan enfouit son visage dans ses cheveux roux conscient que ce qu'il lui demandait ne se faisait sans doute pas, mais il estimait que c'était le prix à payer pour ne pas la voir souffrir une énième fois, mais aussi l'avoir pour lui tout seul.

Marjorie se tendit légèrement dans ses bras, mais ne releva pas. Il avait peut-être raison après tout. De cette manière, finit les mensonges ! Maintenant plus que jamais, elle désirait rentrer en Australie avec lui.

Jonathan Où les histoires vivent. Découvrez maintenant