chapitre 19 : mensonges gardés

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26 juin, appartement de Marjorie, 23:37.

Couché sur le tapis, redressé sur son avant-bras, Jonathan ne faisait plus que dévorer amoureusement du regard, Marjorie allongée juste à ses côtés. Un sourire béat sur les lèvres, elle engloutissait un énorme pot de crème glacée à la vanille. Sa cuillère à glace allait du pot à sa bouche sans arrêt, prenant de toute petite quantité de crème glacée qu'elle déposait sur sa langue.

À l'heure actuelle, Jonathan n'avait jamais eu autant envie de l'embrasser. Elle était tout simplement exquise et il avait hâte de la voir porter son nom.

Des images salaces plein la tête, il coula un regard lubrique sur son corps voluptueux seulement recouvert par la chemise blanche qu'elle lui avait presque arraché en arrivant tout à l'heure, resplendissante, euphorique et très émoustillée. Juste après qu'elle eût accepté de l'épouser, ils avaient fait l'amour comme des fous, comme les amoureux fougueux qu'ils étaient et surtout comme si le monde allait cesser d'exister demain, uniquement pour sceller et fêter les nombreuses promesses d'amour qu'ils s'étaient faite alors qu'elle avait été sur le point de jouir.

Les mots d'amour de sa fiancée trottaient encore dans sa tête comme des petites licornes guillerette prêtes à vomir des arcs-en-ciel. Oui, Jonathan se sentait juste comme cela, heureux comme un poisson dans l'eau, comblé, satisfait et ravi d'avoir cette petite rousse un peu timide sur les bords comme future Madame Donovan.

Il caressa son bras du bout des doigts, le sourire de l'homme le plus heureux du monde, scotché aux lèvres.

Sa cuillère suspendue à la bouche, Marjorie croisa son regard et lui adressa un sourire en levant un sourcil.

— Quoi ?

— T'as fini de t'empiffrer ?

— Non. répondit-elle les joues en feu sous l'effet de son regard brûlant.

Elle prit une autre bouchée de sa glace avant de se voir enlever sa cuillère.

— Ça suffit. Tu vas avoir mal au ventre.

Il lui prit le pot des mains aussi. Marjorie ajusta l'oreiller sous sa tête sans cesser de sourire à son homme. Il se montrait particulièrement attentionné avec elle, extrêmement et elle adorait ça.

— Gourmande.

— Tu m'as épuisé. J'y peux rien. J'ai eu très faim.

— Et moi j'ai encore plus faim de toi.

Coquin, il se pencha sur elle et écrasa ses lèvres sur les siennes, douces, excitantes, sucrées... parfumées à l'arôme de vanille.
Les mains sur son ventre, Marjorie répondit à son baiser en gémissant. Très vite gagnée par la ferveur et la passion qui s'en dégageait, elle glissa ses mains sur sa nuque pour approfondir le baiser, invitant sa langue à danser avec la sienne, l'incitant à encore lui faire l'amour sauvagement exactement comme il y avait tout juste une heure.

Elle devenait insatiable. De lui. De sa bouche. De sa peau. De son corps. De son sexe. Il l'avait rendu accroc, tout comme lui était pratiquement obsédée par ce petit bout de femme irrésistiblement affriolante.

Un sourire séducteur sur les lèvres, Jonathan caressa la peau brûlante de ses bras, bifurquant vers sa gorge qu'il gratifia d'un chapelet de baiser mouillé avant de se redresser. Il admira les étoiles qui brillaient dans ses yeux avec une certaine fierté, content de la voir si épanouie désormais. Content de la voir aller si bien et être aussi à l'aise avec le sexe en dépit des atrocités dont elle avait été victime.

Jonathan y pensait et son cœur se remplissait de colère. Il était furieux de savoir que des brutes sans cervelle et sans scrupule avaient pris son sexe que lui cajolait comme un diamant. C'était un acte répugnant et tout bonnement inhumain, sordide, irrespectueux et pas digne d'un homme. Il leur en voulait et il s'en voulait également de l'avoir maltraitée, elle qui avait tant souffert. Elle ne méritait pas ce qu'il lui avait fait. Pas même pour s'être enfouis sans lui avoir dit pour Charlotte. Coupable, il sentit ses yeux piquer.

Jonathan Où les histoires vivent. Découvrez maintenant