Russel agrippa la poignée de sa portière près à s'extirper de la voiture, mais elle resta bloquée. Un coup d'œil en direction de Marjorie le confirma qu'elle venait bien de verrouiller toutes les portières, y compris la sienne, pour l'empêcher de sortir. Il laissa échapper un bref grognement guttural et se carra dans son siège, pas complètement mécontent de ce petit retournement de situation.
Marjorie inspira profondément, non entièrement sûre de ce qu'elle était en train de faire en le piégeant avec elle.
— Tu te trompes sur toute la ligne. émit-elle la gorge nouée.
— Bien sûr que non. Ce truc entre nous... je sais que tu le sens aussi.
Sans chercher à la brusquer, il bifurqua vers elle et tendit la main vers sa joue une fois de plus. Une fois de trop ou peut-être la bonne fois puisqu'en dehors d'un hoquet de surprise qu'elle eût du mal à réprimer, en plus d'une sensation bizarre qui lui retourna l'estomac, Marjorie ne ressentit pas le besoin de le fuir, mais ça n'empêcha pas pour autant son palpitant de marteler sa cage thoracique avec violence. Les mains crispées sur les rebords de sa robe qu'elle avait agrippés plus tôt comme si elle craignait de le voir promener ses mains entre ses cuisses, elle laissa échapper une larme solitaire quand Russel écarta, comme on écartait un voile, ses cheveux roux qui tombaient en cascade et dissimulaient son visage. Il les chassa sur son épaule puis posa ses doigts sur son menton. Là, il promena son pouce sur sa lèvre inférieure et y exerça une légère pression pour lui faire comprendre d'arrêter de la mordiller. Ce à quoi elle obéit sans résistance, mais non sans trembler.
Ces douces caresses, lui faisaient ressentir tout et n'importe quoi à la fois. C'était bon, mais douloureux en même temps. Une chose qu'elle ne parvenait pas à s'expliquer. Incapable de réagir correctement, son corps extériorisait ses blessures, absolument toutes.
Cette découverte de son visage ne s'arrêta pas là pour Russel. Il alla jusqu'à cueillir ses larmes, soucieux d'en être encore à l'origine. De plus en plus proche, il dériva de ses joues à ses mains fermées en poing sur ses cuisses. Russel les prit avec la plus grande des précautions avant de les porter à sa bouche. Le cœur de Marjorie pulsa méchamment dans sa poitrine quand, à sa plus grande surprise, il déposa un chaleureux baiser dans l'intérieur de ses poignets qu'il se rappela avoir maltraité pas plus tard qu'il y a deux mois quand elle était venue le confronter chez lui et qu'il s'était emporté, ivre de rage et d'alcool, lui crachant au visage des vérités qu'elle n'aurait pas souhaité entendre. Ce jour là, il avait bien failli lui briser les os. Marjorie s'en rappelait encore comme si c'était hier. Les empreintes de ses doigts sur ses poignets avait rendu Jonathan fou et avait mis à mal leur couple de bien des façons. Elle lui en avait voulu à Russel de s'être emporté et aujourd'hui elle lui en voulait encore plus de faire ce qu'il faisait. De la toucher comme si elle ne ressentait plus rien, comme si ses insufflations chaotiques, n'étaient pas suffisamment parlantes pour témoigner de son malaise. Alors oui, elle l'avait empêché de partir en bloquant les portières, mais ce n'était sûrement pas pour s'adonner à ces caresses.
Récupérant ses poignets qu'elle garda contre son ventre, Marjorie se tourna vers lui et plongea dans ses yeux noisettes, noisette comme les belles mèches épaisses joliment ébouriffées sur son crâne qui lui donnaient des allures de prince charmant. Pendu à ses lèvres, Russel posa sa main contre sa joue, désireux de l'entendre s'exprimer enfin.
— T'as quoi derrière la tête ? M'entendre dire que tu me plais et que tu ne me laisse pas indifférente aussi ? C'est ça que tu veux entendre ?
— Entre autre Marjorie. C'est le cas ?
— Non. souffla-t-elle inaudiblement comme s'il s'agissait d'une évidence.
— Sois honnête ! exigea-t-il en se rapprochant davantage.
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Jonathan
RomanceTOME 2 de Marjorie Deux ans ont passé depuis que Jonathan est parti de chez lui sans accorder un seul regard à la seule femme qui n'ait jamais vraiment compté dans sa vie. Blessé, il a coupé les ponts avec ses proches et ne vit plus que pour son tr...
