Salut.
Hey, salut ! Ça va ? Qu'est-ce qui s'est passé ?
Il faut qu'on parle !
Je pensais que tu ne voulais plus que nous parlions, pas même par téléphone !
Je suis en bas de chez toi.
Je descends. Bouge pas !
Appuyé contre la carrosserie de sa voiture, Jonathan étouffa un grognement. Les mains dans les poches de son pantalon, il attendit, la rage au ventre, de voir apparaître le destinataire de ces messages. Les yeux baissés sur ses godasses, il fixait le trottoir, l'intérieur des tripes en feu. Enragé, il ne ressentait plus que dégoût et rage depuis qu'il avait envoyé les messages à Russel depuis le téléphone portable de Marjorie qu'il lui avait subtilisé avant de sortir de son appartement.
Tu crois vraiment qu'elle va revenir après ce que tu lui as fait ? Pauvre imbécile !
Jonathan patienta encore quelques secondes au pied de l'immeuble avant de voir arriver Russel, trottinant presque, une lueur d'espoir dans le regard. Il poussa la porte battante avec entrain, pressé de retrouver la jeune femme à l'origine de son trouble. Mais tous ses espoirs s'éffondrèrent lorsqu'il se retrouva nez à nez avec Jonathan. Nonchalamment adossé contre sa Bugatti dans laquelle Russel et Marjorie avaient passé des moments très peu agréable plus tôt dans la soirée, Jonathan le fixa avec mépris et suffisance mêlés. Russel ralentit son pas de course et haussa un sourcil, pas très surpris de le trouver là à la place de Marjorie. Il esquissa un sourire en coin qui pouvait traduire la déception que Jonathan décela dans ses yeux. Tout devint on ne peut plus clair pour lui. Qu'elle veuille bien lui reparler après la façon avec laquelle ils s'étaient quittés lui avait semblé beaucoup trop beau pour être vrai. Il comprenait pourquoi désormais. Il venait de se faire prendre comme un bleu.
— Elle appelle et tu accours ! lança Jonathan en lui montrant le téléphone portable de Marjorie. Comme c'est mignon !
Russel croisa ses bras sur sa poitrine et adopta un air tout aussi menaçant, pas très content de s'être fait dupé de la sorte.
— Qu'espère tu obtenir d'elle ? Une nuit ? Deux ? Peut-être même trois ? La première fois ne t'as pas suffit ?
— Qu'est-ce que tu veux Jonathan ?
— À ton avis enfoiré ! vociféra-t-il dans ses gonds.
Il décolla son dos de la voiture et avança de deux pas. Le mouvement de recul qu'effectua Russel le fit sourire intérieurement. Sans le savoir, il venait de lui donner du pouvoir et nourrissait inconsciemment sa nouvelle amante la colère qu'il n'attendait plus de voir s'exprimer. Jonathan était prêt à en découdre. Lui faire payer au centuple ce qu'il avait fait, à commencer par cette toute première fois. C'était ce qu'il avait toujours eu en tête.
Si avant, la présence de Matthew l'avait empêché de passer à l'action, rien n'entravait plus ses sombres projets ce soir, au contraire. La peur fugace qu'il lut dans ses yeux le ragaillardit magnifiquement et si bien qu'il en fut excité. C'était comme ça dès qu'il laissait la colère le bouffer, s'imprégner son âme. Il avait ressenti la même chose quand il avait battu son père pour venger Marjorie et ça lui avait plu. Ce soir, rien ne l'empêcherait de se défouler. Elle coulait dans ses veines désormais, faisait bouillir son sang qu'il sentait battre à ses tempes. Jonathan continua de réduire la pathétique distance qui le séparait de son ennemi avec pour seule vision à l'esprit, les yeux tristes de Marjorie, sa voix cassée limite brisée, les tremblements de ses mains qu'elle ne contrôlait plus, la frayeur sur son visage et ce dégoût de sa personne qu'elle ressentait en permanence. Toutes ses choses contribuèrent à attiser sa colère folle. Et quand Russel eut l'audace de le défier d'essayer de tenter quoique ce soit contre lui, le chaos se déversa en lui. Jonathan laissa surgir le monstre et attrapa le grand brun par le col de sa chemise avant de lui asséner le plus violent de ses coups de poings.
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Jonathan
RomanceTOME 2 de Marjorie Deux ans ont passé depuis que Jonathan est parti de chez lui sans accorder un seul regard à la seule femme qui n'ait jamais vraiment compté dans sa vie. Blessé, il a coupé les ponts avec ses proches et ne vit plus que pour son tr...
