chapitre 34 : guéris moi, aime moi.

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— Jonathan... attends !

Les mains à plats sur son torse, Marjorie se déroba au baiser de son fiancé, le faisant grogner au passage.

— Marjorie, joue pas à ça ! gronda-t-il presque dans son cou.

Elle agita la tête de gauche à droite, plus que certaine de ne plus avoir envie de le sentir la pénétrer, alors que l'image flou d'une grande main lui enserrant la gorge après avoir ressenti comme une piqûre dans le cou, lui était revenu à l'esprit. Ce fût fugace, un peu comme si elle se trouvait en eaux troubles, mais elle l'avait vu, la main qui appartenait à l'intrus qui, semblait-il, s'était de toute évidence allongé à ses côtés et lui avait fait du mal.

— Arrête ça ! J'ai plus envie Jonathan !

Les tremblements présents dans sa voix le firent cesser toute entreprise. Il stoppa l'excitante exploration de son corps qu'il se faisait une joie de redécouvrir et reconquérir de nouveau. Marjorie en profita pour le faire basculer sur le lit. Elle se releva aussitôt et replaça correctement sa robe sur ses jambes en soufflant de soulagement.

Aussi étrange que cela fut-il, Marjorie n'avait plus reconnu ses caresses comme étant celles d'avant. Ou peut-être que si, mais cette fois, les choses étaient différentes. Elle le voyait lui, le sentait, ressentait son amour et le lien qui les unissait, mais voyait aussi l'autre. Ses mains sur elle, sa respiration lourde, presque sifflante qui s'accélérait dès qu'elle geignait quand il crispait ses doigts sur son ventre.

C'était comme si, elle avait sombrer dans l'inconnu. Tout se mélangeait dans sa tête. Logan, Jonathan... l'inconnu de cette nuit. Absolument tout. Elle ne voulait plus que Jonathan lui fasse l'amour, combien même elle en mourrait d'envie, tout au fond d'elle.

— Est-ce que ça va ?

Incapable d'articuler le moindre mot sans avoir la langue qui fourche et les larmes aux yeux, elle secoua frénétiquement la tête de bas en haut.

— Marjorie, t'es bizarre ! constata Jonathan en se redressant sur le lit, inquiet de la voir aussi agité.

Les mains jointes sur son ventre, elle ferma les yeux, prit un moment pour souffler et retrouva un semblant de calme.

Elle croisa ses bras sous sa poitrine et haussa les épaules, l'air de rien.

— C'est pas le moment, c'est tout !

— Hem... ok ! Et si tu me disais ce qui ne va pas !

Marjorie sentit son cœur tambouriner dans sa poitrine quand elle s'imagina lui raconter les images qu'elle avait dans la tête. Tout était si confus et semblait tellement irréel, qu'elle prit la décision de ne pas lui dire craignant de le repousser.

Qu'est-ce qu'il va penser de toi ? T'es sale de partout, ma fille ! Tu perds la tête !

— Tu... tu devrais t'en aller. Je ne risque rien avec Russel, tu sais.

— Dis pas de bêtises ! Je ne m'en irais pas et tu le sais !

— Pourtant je veux que tu t'en ailles ! Je ne veux pas de toi ici.

— Tu m'en veux toujours. soupira-t-il plus pour lui-même que pour Marjorie.

Sachant pertinemment au fond d'elle-même qu'il ne s'agissait pas tant de ses colères qui l'éloignait de lui, mais plutôt ses angoisses et la honte intruse qui avait tôt fait de la piéger entre ses griffes, Marjorie courut s'enfermer dans la salle de bain, se détestant déjà de le rejeter alors que son être ne demandait qu'à se perdre dans ses bras vigoureux qui avaient su la consoler mainte et mainte fois.

Jonathan Où les histoires vivent. Découvrez maintenant