Douleur

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Point de vue d'Elisa
72h plus tôt

Mes yeux se rouvrirent doucement.
Je fis la mise au point difficilement, ce qui m'indiqua que cela faisait longtemps que mes yeux étaient clos.
Je ne comprenais pas.

Je regardai rapidement autour de moi, et je me souvins. Putain, on venait de me kidnapper.
Je me redressai d'un coup.
Ce mouvement soudain réveilla la blessure en haut de mon sourcil gauche. Je posais ma main doucement dessus et tâtais sans trop appuyer pour éviter de réveiller davantage ma douleur.
Ma main devint pourpre assez rapidement, je saignais.
Le connard m'ayant kidnappé m'avait fait saigner à coups de crosse ??

Je laissais mes yeux arpenter chacune des parties de l'habitacle dans lequel on m'avait mise.

Les deux portes en face de moi m'indiquèrent que j'étais dans une camionnette et les vibrations sous mon corps encore au sol m'indiquaient que l'on roulait, que l'on roulait putain de vite.
Le sol était en bois lissé, il était froid et recouvert à certains endroits, d'une épaisse couche de graisse.
Je retiens le relan venant de me monter à la gorge avant de l'avaler sévèrement.

J'appuyais sur mes jambes encore tremblantes et me levais mais je fus propulsée violemment au sol par un à-coup, certainement provenant d'un défaut de la route. Mes mains claquèrent au sol dans un bruit sourd.

La petite fenêtre accrochée à la paroi du camion derrière moi s'ouvrît et à la vue du visage tatoué de l'homme, je compris que là, j'étais vraiment dans la merde.
- Arrête ton boucan putain !

La colère montait en moi, elle montait dans mes veines, faisant trembler mes jambes et mes doigts un à un. Sans vraiment réfléchir, je crachai dans sa direction, en maintenant mon regard dans le sien.

Dans ses yeux passa une lueur meurtrière. Il serra les dents en me regardant de haut en bas, dégaina son arme et tira en me frôlant avec sa balle.
J'ouvris la bouche de surprise et ma respiration s'accéléra considérablement, me faisant haleter.

Je savais pertinemment qu'il avait fait exprès de faire dévier la balle, autrement je serais morte. Il détourna le regard vivement vers le conducteur visiblement en train de lui crier dessus.

Je me recroquevillais dans un coin en tentant de calmer mes larmes.
S'il n'avait pas hésité une seule seconde à tirer, c'est que je n'avais même pas le luxe d'être assez importante pour être maintenue en vie.
J'étais vraiment dans la merde jusqu'au cou !

De mes yeux embués de larmes, j'arpentais du regard une seconde fois la petite camionnette.
Rien de bien intéressant, plusieurs bidons d'essence, un extincteur et quelques vêtements traînant par ci, par là.

Désespérée par le manque de solutions, je mis ma tête dans mes mains. Je fermais mes yeux très fort, jusqu'à voir des petites étoiles blanches dansantes puis je laissais tomber ma tête dans mes genoux et mis mes mains sur les côtés de mon crâne. Je passais mes doigts dans les nombreuses mèches qui s'étaient échappées de mon chignon et je les triturais en les faisant tournoyer autour de mon index. Quand cela m'énerva, j saisis l'élastique que je fit glisser pour l'envoyer valser contre l'une des parois.
Mes cheveux retombèrent sur mes épaules lourdement, propulsant avec eux une petite épingle à cheveux posée auparavant pour plaquer ces mêmes mèches rebelles.
Je m'adorais d'avoir fait ce fichu chignon, car là, il allait sûrement me sauver la vie.

Je me ruai sur la petite épingle en vérifiant que la petite trappe demeurait fermée.
Le bruit ne faisant qu'augmenter à cause de leur dispute plus que houleuse, cela me laissait la chance de pouvoir en faire à mon tour en crochetant la petite serrure qui permettait d'ouvrir les portes de l'intérieur.

born to dieDes histoires addictives. Découvrez maintenant