Chapitre 4- Dealer.

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⚠ TW : Violence.  ⚠

Le temps passe si vite quand nous sommes heureux, le temps n'est qu'éphémère dans le monde, mais pourtant, quand nous avons le cœur brisé, celui-ci passe si lentement. Mon cœur n'est pas simplement brisé, il est souillé, amoché et fissuré, plus jamais, il ne battra comme avant.

On ne peut pas réparer un cœur déjà bien amoché par son passé.

Je regarde le sol, le sang coulant dessus, mon regard tombe sur cette batte qui hante mes nuits chaque jour. Mes yeux dérivent rapidement vers ma mère, au-dessus de moi, la batte de baseball en l'air près à me frapper une nouvelle fois. Allongé par terre, les bras recroquevillés sûr ma tête, la batte vint frapper une nouvelle fois dans mes côtes. Je hurle de douleur, la suppliant d'arrêter et l'implorant de jeter cette batte de baseball, mais rien n'y fait, je sais d'avance qu'elle ne cédera pas à ma douleur, elle voudra éliminer la sienne avant d'arrêter ce massacre.

- Maman, je t'en pris arrête ! Hurlais-je à pleins poumons.

- S'il est parti, c'est de ta faute ! Pleure-t-elle tout en abattant la batte sur mon corps.

Je lâche un second cri de douleur, me recroqueville sûr moi-même tandis que mes larmes coulent de plus en plus. Elle m'en voulait que papa soit parti, elle me faisait culpabiliser alors que je ne savais en rien pourquoi il avait décidé de partir.

Il avait disparu du jour au lendemain et puis un jour, plus de nouvelles.

Oh papa, pourquoi m'as-tu laissé ici ? N'étais-je pas ta princesse, pour que tu viennes me secourir de ce fardeau ? Maman n'a plus jamais été là même depuis que tu es parti.

Ces coups, qui autrefois blessaient mon corps, me font doucement ressentir des chatouillements. Une simple caresse sur mon corps martelé de bleus, une égratignure en plus à soigner et des larmes à sécher et à effacer de mon visage. Oh maman, méritais-je donc de porter le poids de ta souffrance et les blessures de ton passé ? Je ne ressens plus aucune douleur, simplement...

... Du vide.

Je la laissais faire, ne l'implorant plus d'arrêter cette torture. Si c'est la seule solution pour qu'elle ressente, un tant soit peu un sentiment envers moi, je la laisserai faire. Ma mère est la seule chose qu'il me reste, et malgré ce qu'elle me fait vivre, je n'arrive pas à me détacher d'elle. À me dire, que c'est elle, le méchant de mon histoire.

Pourquoi n'ai-je pas le droit d'avoir une mère aimante ?

Mes yeux se révulsent, et alors que je sens mon souffle manqué, une impulsion me prend soudainement. Alors que la batte allait encore une fois s'abattre sûr moi, je la réceptionne avant. Ma mère, étonnée, hurla de toutes ses forces en me traitant de fille ingrate. Je balançai la batte plus loin, et m'écarte vivement, poussant par la même occasion, ma mère, afin de m'enfuir d'ici.

Ça y est, c'était le moment, celui où j'ai compris, que jamais personne ne viendra m'aider dans ce genre de situation.

Quand quelqu'un nous bat, que ce soit un proche où un inconnu, nous ne pouvons compter que sûr nous-même. Notre survie dépend de nous, et non des autres, en aucun cas, je ne dois attendre l'aide d'une personne externe. Et bien que j'en demande, personne ne viendra jamais réellement m'aider à guérir mes blessures intérieures.

Ils peuvent guérir mon corps, mais jamais mon cœur ne sera rétabli.

C'est peut-être ce soir, que je vais en finir, où peut-être demain, où après-demain. Mais une chose est sûre, plus jamais, je me battrai pour survivre. Je me laisserai couler dans cet océan si immense, et me laisserai bercer dans ces vagues si violentes. Et si un jour, je finis par me noyer, je sais qu'aucune main ne viendrait me chercher dans les profondeurs de l'eau.

Les Âmes RougesOù les histoires vivent. Découvrez maintenant