Chapitre 28- Danse sous la pluie.

182 10 12
                                        

Une semaine était passée depuis notre rendez-vous, une semaine que j'avais pris soin de moi, une semaine que j'ai pu m'apprécier de nouveau. Depuis que j'ai effectué cet exercice, je me sentais mieux, presque libéré. Je ne pourrai vous dire ô combien j'ai remercié Mahé de m'avoir fait ça. Et même si je sais qu'il attend sûrement d'avoir plus ample d'explication, je sais aussi que ce n'est pas le moment pour moi. L'avoir avoué m'a fait comprendre que je devais cesser de me rattacher à une personne. Durant longtemps, j'ai été dans le déni, longtemps je me suis accroché à l'espoir qu'un jour elle change.

Désormais, je dois tracer mon propre chemin seul, sans dépendance affective.

Même si j'apprécie la compagnie des autres, il faut que je réapprenne à vivre pour moi. Donc durant cette semaine, je me suis légèrement éloigné d'eux pour mon bien-être. Je ne leur ai pas expliqué pourquoi, je sais qu'ils auraient pu comprendre, mais d'un autre côté, je n'avais pas besoin qu'ils sachent. C'est une forme d'égoïsme assez complexe, ils doivent penser que je leur en veux pour quelque chose, et pour être honnête, je m'en fiche pas mal. Je ne veux pas qu'ils viennent me parler, me voir, je veux tenter de me retrouver, si même à cause de ça je dois m'éloigner d'eux, je le ferai.

Cela fait bien trop longtemps que je n'avais pas senti mon coeur battre contre ma cage thoracique.

Je suis actuellement dans ma chambre, ou plutôt, celle que j'habite depuis maintenant une semaine. Je ne suis pas vraiment sorti de celle-ci, et même quand les garçons ont tenté de me parler au travers de la porte, je préférais ne pas répondre. Je me suis enfermé sûr moi-même en pensant que c'était la seule solution possible pour me retrouver, mais l'est-elle vraiment ?

Je reste dans mon lit chaque heure de la journée, je n'ai même pas pris la peine d'aller en cours, et je sens que ma motivation est en train de baisser. Mahé n'est pas venu durant cette semaine, il n'est pas venu me voir, ni me parler.

Ambre passe chaque jour toqué à ma porte, et je sais que derrière celle-ci se trouve de la nourriture. L'excuse qu'elle utilisait souvent était celle du repas, en me disant qu'il fallait que je mange, que je ne reste pas seule, et qu'elle aimerait comprendre ce qui se passe. Mais même moi je ne le sais pas. Quand les garçons finissaient par quitter l'appartement, j'ouvrais ma porte pour seul but d'aller me chercher des choses à grignoter, mais jamais je ne touchais à la nourriture d'Ambre, je la laissais derrière ma porte. J'ai rapidement fait le tour de la chambre durant cette semaine, j'ai même trouvé des vêtements de Mahé. Je me suis alors rappelé qu'avant que je vienne dormir ici, cette chambre était la sienne.

Et j'ai honte de l'avouer, mais je dors avec ses t-shirts simplement parce que son odeur s'y trouve encore.

Sa présence m'apaise, et puisque je ne pouvais pas le voir, sentir et porter quelque chose qui lui appartient est une sorte de confort que seul moi peut comprendre.

Je me tourne une nouvelle fois dans mon lit, cela fait une bonne heure que je suis réveillé, pourtant, mes yeux sont fatigués et n'arrive tout de même pas à se fermer. Je finis par grogner d'énervement, je me relève en position assise et regarde vite fait mon téléphone. Je ne prends pas la peine de répondre au message des autres, et regarde immédiatement l'heure.

19h21.

J'ai dormi toute la journée, et sans m'en rendre compte qui plus est. Je décide de me lever de mon lit, mon corps ne portant qu'un t-shirt long appartenant à Mahé, sent rapidement le froid l'envahir. Quelques frissons me prirent, mes poils de bras se hérissent, je marche vers la porte et tente d'écouter la conversation qui fait irruption dans tout l'appartement.

- Ça va faire une semaine qu'elle est dans sa chambre. Elle refuse de parler à qui que ce soit, même à Ambre. Percevais-je soudainement comme étant la voix de Zane.

Les Âmes RougesDes histoires addictives. Découvrez maintenant