Une petite larme coule le long de ma joue, elle atterrit sur le papier. Je referme le journal après avoir lu ces derniers mots. Voilà deux semaines qu'il est mort. Deux semaines que nous sommes tous en deuil. Il a fallu une heure avant qu'on ne nous retrouve, tous les deux près de la rivière. On m'a embarqué dans une ambulance, la tête en vrille, je ne prenais pas conscience de mon état. Je me suis évanouie dans l'ambulance, et après, je ne me suis souvenu de rien. Quand je me suis réveillé dans la chambre d'hôpital, que Gabriel était présent sur un fauteuil à mes côtés, je lui ai demandé où il était.
Et tout en essayant de garder la face, il m'a simplement répondu:
«Il est parti, Hela.. je suis désolée. »
J'avais craqué, de nouvelles larmes avaient coulé. Gabriel m'a réconforté, il m'a câliné, m'a chuchoté de doux mots afin que je me calme. Le médecin est arrivé à ce moment-là, il s'est excusé de débarquer ainsi. Je ne l'avais pas trop entendu parler, parce que je ne savais pas vraiment pourquoi j'étais là. Il m'expliquait que dû au stress, j'ai perdu du sang, que ça aurait pu être dangereux s'il n'était pas intervenu rapidement.
Mais suite au dernier mot qu'il avait prononcé, je me suis senti partir.
« Heureusement le bébé a survécu »
Ma bouche s'était entrouverte, j'avais d'abord regarder Gabriel pour savoir si ce que je venais d'entendre était vrai. Et au vu de ses yeux, ça l'était.
J'étais enceinte de 11 semaines. Environ deux mois et demi.
De lui. De Mahé.
Je n'ai rien dit, à la suite de cette révélation. Je me souviens juste avoir regardé le sol, peut-être durant de nombreuses minutes. J'ai touché mon ventre, je l'ai caressé.
Et par la suite je me suis senti sourire.
Parce que même si je suis jeune, même si je n'ai que dix-sept ans, je sais que je vais le garder. Parce que Mahé l'aurait voulu, parce qu'en partant, il m'a laissé un bout de lui.
Je vais m'occuper de ce bébé pour lui. Je vais vivre pour qu'il ait une vie merveilleuse.
Le médecin m'a prescrit quelques médicaments à prendre, afin d'atténuer certaines douleurs abdominales que je pourrais rencontrer suite à ce qui s'est passé. Je suis sortie de l'hôpital trois jours plus tard. Je n'avais autorisé aucune visite, mis à part Gabriel. Je me suis senti honteuse, de ne pas avoir pu le sauver.
Mais une fois que je suis revenu à l'appartement, qu'ils m'ont tous accueilli les bras ouverts, j'ai su que je n'avais rien fait de mal. Joséphine, Ambre et mes amis étaient tous présents ce jour-là. Ils ont été mis au courant du bébé le jour même de la mort de Mahé. J'ai pleuré dans les bras de Joséphine, je me suis excusé un millier de fois.
Elle a également lâché quelques larmes. Elle m'a rassuré sur le fait que je n'avais rien avoir avec sa décision. Elle m'a également remercié, de l'avoir aidé durant ces derniers mois. Elle a embrassé mon front, par la suite elle s'était éclipsée dans la salle de bain. Je sais qu'elle a encore plus pleuré, quand je l'ai vu revenir les yeux rouges.
Ambre m'a simplement pris dans les bras, elle m'a dit qu'elle était contente de me revoir. Elle avait de gros cernes sous les yeux. Pourtant, malgré sa tristesse qu'on pouvait lire sur son visage, elle continuait de sourire.
Les garçons m'ont tous pris dans les bras, ils étaient heureux de me revoir. Ils m'ont félicité pour mon bébé, ils ont tenté de sourire, mais j'ai bien vu que c'était difficile. Ils ont tous fait un effort, malgré leurs tristesses, ils ont voulu montrer qu'ils étaient là pour moi.
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Les Âmes Rouges
RomanceEt si une simple lettre pouvait changer le cours de toute une vie ? Un simple paragraphe, une simple goutte d'encre sur un papier. Mahé Alvey, ce jeune homme tout droit sorti de sa cure de désintox va faire son grand retour dans son lycée. Autrefois...
