Quelques jours plus tard..
Allongé sur mon lit, je regarde le plafond depuis une vingtaine de minutes maintenant. Mahé a décidé d'habiter dans l'appartement pendant quelque temps, le temps que j'aille mieux. Ça m'a fait plaisir, au départ évidemment. Car il s'est montré de plus en plus protecteur avec moi, de plus en plus présent. Il m'accompagnait jusqu'aux toilettes, partout où j'allais il me suivait et me demandait si tout allait bien.
Je n'en peux plus de le voir me coller, de le voir s'inquiéter au point de devenir paranoïaque.
Je lui ai demandé de l'espace, qu'il me laisse tranquille quelques minutes. Il a exaucé mes vœux, sans un mot, en me disant simplement qu'il allait revenir d'ici trente minutes pour vérifier que ça allait. Je ne l'ai pas contrarié, j'avais simplement envie de profiter de cet air qu'il me donnait, même si ça n'allait pas durer éternellement.
Je sais qu'il est inquiet, le problème, c'est qu'il devient de plus en plus étouffant, au point où même sa présence commence à me déranger. Je sais également qu'il le fait inconsciemment, mais bordel que je vais finir par m'énerver s'il continue à même suivre quand je vais faire pipi.
Comme je m'y attendais, la porte de ma chambre s'ouvre, et des pas s'approchent de moi. J'ouvre donc les yeux, je tombe directement sur le visage de mon petit ami, qui me regardait avec un petit sourire.
- Je venais juste voir si tout allait bien.
Il ne parle pas fort, il vient caresser le haut de ma tête. Je souffle, il le remarque, ses sourcils se froncent.
- Qu'est-ce qu'il y a ? Ça ne va pas ?
Non, évidemment que ça ne va pas. Et tu n'arranges certainement pas les choses.
Je me redresse, je me mets debout en face de lui.
- Mahé, ça va faire des jours que tu ne fais que me coller, évidemment que ça ne va pas ! J'ai perdu ma mère, j'ai besoin de faire mon deuil et tu ne me laisses pas le faire car tu as trop peur de me laisser seule.
Il me dévisage.
- Évidemment que je ne te laisse pas seule, Hela. On sait tous les deux ce qui arriverait si je le faisais.
Il essaye de garder son calme, je le vois car ses poings sont si serrés que je vois leurs jointures blanchir.
- Tu n'en sais rien !
- Bien sûr que si ! Je t'ai retrouvé dans ta putain de maison entourée de verre cassé, assise sur ton foutue parquet en essayant de savoir s'il fallait mieux te couper les veines tout de suite ou s'il fallait attendre ! S'écrit-il subitement.
Je ricane.
- Tu ne peux pas comprendre.
- Je ne peux pas comprendre ? Sérieusement ?
C'est à son tour de ricaner.
- J'ai moi-même essayer de me tuer, Hela.
Je sais..
- On ne parle pas de toi là.
- Arrête ça. Maintenant. Arrête-toi. Me prévient-il, la mâchoire serrée.
- Moi je ne suis pas une droguée en manque d'attention, moi ce que je veux c'est qu'on me foute la paix ! Et tu n'es même pas capable de me le donner car ta juste peur que je finisse comme toi ! Hurlais-je à pleins poumons.
Je vois, sur son visage, qui se décompose, que je viens tout juste de toucher un point sensible. Ça me fait mal de lui cracher ça à la figure, mais j'ai besoin d'espace, j'ai besoin de mettre les idées au clair dans ma tête.
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Les Âmes Rouges
RomanceEt si une simple lettre pouvait changer le cours de toute une vie ? Un simple paragraphe, une simple goutte d'encre sur un papier. Mahé Alvey, ce jeune homme tout droit sorti de sa cure de désintox va faire son grand retour dans son lycée. Autrefois...
