Chapitre 20

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« Qu'est ce que tu me veux ? » tonna Neytiri en s'approchant de Ronal.

Cette dernière, habituée à ce qu'on la traite toujours de plus grande délicatesse qui soit, oscilla au ton employé par l'Omaticaya.

- Si tu veux rester parmi nous, tu dois t'intégrer. déclara-t-elle d'un ton dénué de gentillesse.

Pardon ?

- La tribu n'a pas besoin d'un poids mort en son sein. pesta-t-elle en saisissant ses deux gros paniers remplies d'herbes en tout genre.

- Un poids mort ?

- Rends toi utile, et va me chercher des herbes médicinales. Tu ne peux pas te tromper, elles sont violettes et bleue au centre. Allez dépêche toi. s'écria-t-elle en lui jetant les paniers.

Habituellement, une personne saine d'esprit n'aurait osé lui parler sur ce ton.
Ronal n'était pas une personne inconsciente, bien au contraire, elle savait ce qu'elle était en train de faire. Cette femme, dès les premiers instants où ses yeux dorés avaient rencontré les siens, Neytiri avait sentit un sentiment de dédain s'en échapper. Elle était donc incapable de la considérer.

Alors, c'est tout naturellement que la femme de la forêt rejeta les deux paniers, qui se brisèrent à cause du choc. La Tsahik, qui était sur le point de s'en aller, se retourna à la vitesse de l'éclair pour découvrir ses plantes se disséminer par terre.

« Tu n'as qu'à aller les chercher toi-même tes plantes. »

Sur ces paroles, Neytiri tourna les talons en direction de la forêt, laissant Ronal seule face à son butin.
Elle ne prêta pas garde aux insultes que la Metkayina proférait à son encontre. Elle avait besoin de se retrouver seule ; seule dans cette jungle qui lui était si étrangère et si familière à la fois.

Loin du village, elle se sentit mieux. Elle retrouvait enfin un semblant de sons familiers d'oiseaux et autres bruissements naturels des bois.

Elle humait tranquillement les différents parfums de l'air de la mer et de l'enzyme des arbres quand soudain, des voix vinrent parasiter les sons environnants. Curieuse, elle s'aventura alors dans cette direction pour voir ce qu'il en était.

« Vous êtes sérieux là ? » s'éleva la voix de celui qui semblait être Ao'nung.

Ce dernier avait l'air énervé, la jeune femme en déduit donc que quelque chose avait dû se produire pour qu'il soit autant contrarié.
En s'approchant davantage, elle aperçut ses enfants et deux filles de l'eau. « Myhona et.... Tsireya peut-être ? »  , pensa-t-elle.

« Eh ! Revenez ici bande de débiles ! » leur cria-t-il alors en agrippant agressivement le bras de Myhona.
La jeune fille se retourna alors, le regard apeuré et la mine grimaçante de douleur.

Neytiri émit un juron de frustration quand elle aperçut son fils cadet devenir fou de rage. Parfois, elle se disait que Lo'ak lui ressemblait plus qu'elle ne l'imaginait.

Autrefois retenu par Neteyam, le jeune homme s'extirpa de son emprise pour aller repousser Ao'nung. 

« Oh, le monstre à cinq doigts est-il tombé sous le charme ? » dit le garçon de l'eau d'une voix mielleuse en affichant un sourire provocateur.

Lo'ak aurait tant voulu lui effacer ce sourire qui arborait son visage, mais en fut malheureusement incapable. Ses amis le maintenaient de sorte à ce qu'il ne puisse pas lui décorer la face.

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