Chapitre 11

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Micah n'était pas particulièrement intéressant. Il avait à peine seize ans et ne vivait que pour la caserne. Toute sa vie tournait autour de son entraînement et de sa future entrée dans la brigade des Bas-Fonds. Le seul détail qu'Evangéline nota et trouva particulièrement intéressant était l'admiration que Micah portait à Landon. S'en était presque irréel, ridicule même.

Elle avait bien vu son regard pétillant à chaque fois que Landon prenait la parole. Et il tentait de prendre sa défense à chaque fois qu'Evangéline lui lançait une pique, comme s'il refusait que la moindre critique ne soit proférée à l'encontre de son major, l'homme qui semblait être tout pour lui. Elle était presque certaine qu'il avait un tableau de Landon dans sa chambre, voire même un autel en son honneur et qu'il le priait lui chaque soir au lieu du Dieu du Sang.

Ils débouchèrent enfin dans un large hall, en face d'une double porte en bois d'où leur provenait les rires des soldats. Evangéline ne tenait plus en place, elle comptait bien user de tous les stratagèmes possibles pour leur arracher le plus d'informations. Autant pour son enquête que pour connaître le fonctionnement de la caserne. Tout renseignement pouvait lui être nécessaire un jour.

Mais, alors qu'elle sautillait en direction de la porte, Landon la saisit par le bras et la força à se rapprocher de lui. Il arborait une expression soucieuse, une légère grimace marquant ses traits.

« Evangéline, s'il vous... s'il te plait, j'aimerai que tu ne fasses pas d'impairs ce soir. Je suis un major, je dois garder ma crédibilité et surtout, le moindre faux-pas de ta part me rétrograderait. J'ai trop travaillé pour obtenir ce poste, je souhaite le garder, est-ce que tu comprends ça ? »

Elle fit la moue.

« Tu penses que je ne suis pas dotée de l'intelligence nécessaire pour comprendre quelque chose d'aussi simple ? Rétorqua-t-elle. »

Il baissa enfin les yeux vers elle et la regarda sévèrement.

« Je ne plaisante pas. Ils ne vont pas te lâcher mais s'il te plait, ne dis rien qui pourrait m'embarrasser. »

Elle tapota amicalement son torse et lui sourit. Elle comprenait très bien sa position. Mais est-ce qu'elle l'écouterait ? Elle ne s'était pas encore décidée.

« Je serais aussi sage que possible. »

Sa réponse ne lui plut absolument pas et il ouvrit la bouche pour rétorquer mais la porte du réfectoire s'ouvrit soudainement et le brouhaha ambiant s'éleva.

« Hey, Micah ! S'exclama un grand brun aux joues parsemées de taches de rousseur. Pourquoi tu rentres pas, fais pas ton timide ! »

Il passa un bras un peu brusque autour des épaules du garçon qui balbutia quelque chose d'incompréhensible, avant de lever les yeux sur Landon et Evangéline. La jeune femme vit un léger changement dans son regard, une pointe de curiosité mêlée à de la malice.

« Regardez donc qui voilà. Micah, pourquoi tu n'as rien dit ?

–Eh bien, je...

–Vous devez être Evangéline ! Continua l'autre en l'ignorant. La fameuse amante secrète de notre major.

–Bathory, arrête. »

Landon avait grondé ces deux simples mots, se redressant sur toute sa hauteur et lui lançant un regard sévère. Ce n'était pas Landon qui se tenait à côté d'elle et qui la maintenait toujours par le bras, mais le major Avilliers qui réprimandait son subordonné.

Evangéline sourit faiblement. Elle commençait déjà à apprécier cette soirée.

« Exactement ! Lança-t-elle en ignorant la mauvaise humeur de l'ours qui refusait de la lâcher. En revanche, j'ignorais que j'avais déjà une telle réputation en ces murs. » Elle se tourna vers Landon en battant des cils. « Qu'as-tu donc dit à mon sujet ?

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