Chapitre 18

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Trois jours supplémentaires avaient passé depuis le retour de Landon. Trois jours durant lesquels il ne se passa strictement rien. Il avait repris sa vie normale, qui se résumait à manger à heures fixes, à s'entraîner le matin et partir en patrouille le reste de la journée. Evangéline, elle, était condamnée à rester entre les murs de la caserne. Et elle détestait ça.

Elle tournait en rond, comme un animal sauvage en cage. C'était sans doute la façon dont tout le monde la voyait dans cet endroit.

Landon prenait grand soin à rentrer tard le soir, à ne pas lui adresser la parole et lui tourner systématiquement le dos, puis à partir très tôt le matin, alors qu'elle dormait encore. Si c'était ainsi que les Écarlates réglaient leurs problèmes, en évitant la situation, alors il serait bien accueilli. Dès qu'elle réussirait à le coincer.

Malgré tout, Micah, la jeune recrue de Landon, venait la voir de temps en temps, puisqu'il était lui aussi laissé sur le banc des punis. Selon ses supérieurs, la situation dans les Bas-Fonds était beaucoup trop tendue pour qu'un novice s'y rende. Il s'entraînait parfois tout seul l'après-midi, et pestait à chaque fois qu'il faisait une erreur. Et il pestait beaucoup.

Le premier jour, Eva l'avait regardé faire discrètement, alors qu'il ne pouvait pas la voir. Le second jour, elle avait volé de la nourriture en cuisine et lui avait apporté son butin pour le récompenser de ses efforts. Et le troisième jour, elle s'était même permise de lui donner des conseils. Le genre de conseils que l'armée ne donnait pas, mais qui lui seraient sans doute utiles dans les Bas-Fonds.

Elle avait aussi parcouru de long en large la caserne, à la recherche de nouvelles pièces, d'issues potentielles. Mais elle se heurtait à chaque fois à un mur. Littéralement. Une seule entrée. Une seule sortie. Une porte trop bien gardée.

Elle se sentait à présent comme une véritable prisonnière.

Après un nouvel échec à trouver un passage secret – elle restait certaine qu'il y en avait, elle retourna dans la chambre de Landon, en traînant les pieds. Combien de temps comptait-il la laisser moisir là-dedans ? À croire qu'elle était fautive pour tout ce qui arrivait. Les gens étaient naturellement mauvais en bas, à quoi est-ce qu'il s'attendait en débarquant dans une arène au beau milieu d'un combat et en enlevant leur poule aux œufs d'or ? C'était vraiment un idiot finit.

Alors qu'elle jurait toute seule en cherchant quelque chose d'intéressant à faire, la porte s'ouvrit à la volée. Surprise, elle se retourna et trouva Landon en uniforme, une masse de tissus sur les bras, se dirigeant vers le lit.

« Enfile ça. »

Il jeta les étoffes sur les draps et se recula pour fermer la porte. Evangéline haussa les sourcils, les poings sur les hanches, définitivement agacée.

« Tu te fous de moi ? Lança-t-elle. C'est vraiment le premier truc que tu me dis après la scène de l'autre soir ? Enfile ça. T'es con ou quoi ? »

Elle le vit serrer les mâchoires et prendre une grande inspiration pour se tourner vers elle.

« À cause de mes obligations j'ai délaissé ton enquête. Et j'ai réfléchis. Plus vite on aura résolu le mystère autour de la mort de Charles de Bossak, plus vite je retrouverai une vie normale. Alors j'ai cherché, et j'ai trouvé. Il y a une grosse vente aux enchères ce soir, donnée en l'honneur de Charles. Tous les concurrents présents sur la liste de Madame de Bossak seront présents. Je t'ai acheté une robe convenable. J'aimerai que tu la mettes. S'il te plait. »

C'était définitif, elle le détestait.

« Tu me laisses pourrir pendant trois jours, trois putains de jours, dans ce tas de pierre poussiéreux, et tu débarques comme une fleur, le héros qui sauve la situation, en me disant que tu as avancé ? Sans moi ! Et tu penses que m'acheter une jolie robe est suffisant ?

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