Chapitre 39

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Assise sur les marches à l'entrée de la caserne, Evangéline avait les yeux rivés sur la porte, ouverte mais bien gardée. Sa lettre avait été envoyée, Landon s'en était assuré. Et il était trop tôt pour recevoir une réponse, mais elle ne pouvait s'empêcher d'espérer. Espérer qu'il avait été invité pour l'anniversaire de la Cité de Sang et qu'il était quelque part, non loin.

Elle ne s'attendait pas à le voir venir lui-même. Mais au moins l'un de ses hommes, Oskar peut-être. Ou même le facteur, avec une réponse de sa part. Mais rien n'était arrivé de la journée, et elle était restée assise là depuis son réveil.

Le soleil déclinait doucement à l'horizon, baignant la caserne dans une lumière dorée. Les activités habituelles se déroulaient autour d'elle : des soldats vaquaient à leurs tâches, un groupe discutait dans un coin de la cour et les sentinelles effectuaient leur ronde.

« Toujours ici ? »

Landon s'arrêta sur la marche sur laquelle elle était assise, le dos bien droit et une main sur la garde de son épée.

« C'est stupide d'attendre, je sais, soupira-t-elle. »

Il prit une grande inspiration.

« Moi je pense que c'est honorable, répondit-il. Tu n'es pas du genre à demander de l'aide. C'est normal que tu aies beaucoup d'attente l'une des seules fois où tu le fais.

–Honorablement stupide alors, lança-t-elle en se levant. Je n'obtiendrai pas de réponse, j'ai assez perdu mon temps. Tu venais me chercher pour ce soir ? »

Il acquiesça et elle soupira de nouveau. Quelques semaines plus tôt, elle était excitée à l'idée d'y assister et de pouvoir continuer son enquête. Mais à présent, elle ne voyait cette soirée que comme une corvée.

« Il faut que j'aille voir Isobel pour une robe, affirma-t-elle d'un air blasé.

–Attends, l'arrêta-t-il en saisissant doucement son poignet. Passons d'abord par la chambre, j'ai quelque chose pour toi. »

Surprise, elle se tourna vers lui en haussant les sourcils.

« Si tu veux m'arracher mes vêtements, dis-le clairement. »

Landon se mit à rougir et jeta un coup d'œil rapide sur le côté, gêné.

« Non ce n'est pas... » Il marqua une pose avant de faire claquer sa langue et de l'embarquer dans sa suite. « Tais-toi et suis-moi.

–Oh, on donne des ordres maintenant. Et quoi d'autre, c'est toi qui seras au-dessus cette fois ?

–Evangéline ! »

Elle se mit à rire de bon cœur tandis que le visage de Landon était aussi rouge que sa veste.

Ils traversèrent rapidement la caserne jusqu'à la chambre de Landon. Une fois à l'intérieur, il referma la porte derrière eux et se tourna vers Evangéline avec un sourire timide.

« D'accord, je t'ai fait venir ici pour une raison bien précise, commença-t-il, tentant de reprendre contenance. Et ce n'est pas du tout ce que tu penses. »

Elle leva un sourcil, un léger sourire aux lèvres, attendant la suite avec curiosité.

« J'ai pensé que tu pourrais avoir besoin de quelque chose de spécial pour ce soir, poursuivit-il, ouvrant un placard pour en sortir un paquet soigneusement enveloppé dans du papier. »

Evangéline regarda le paquet avec surprise, ses yeux pétillants d'excitation mêlée à une pointe de scepticisme. Elle tendit la main pour prendre le paquet, qu'elle détailla un instant. Puis elle défit lentement les liens du papier, révélant une magnifique robe de soirée en satin bleu nuit, aux détails dorés. Ses yeux s'agrandirent devant la beauté de l'ouvrage, et elle passa ses doigts sur le tissu, émerveillée.

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