Chapitre 61

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Kally

Au petit matin, mes paupières tentèrent avec force de se décoller mais en vain. Elles étaient trop lourdes. Ma tête devait abriter un orchestre à percussions car elle tambourinait avec violence. Un poids m'empêchait également de me retourner pour trouver une position plus confortable. Mes jambes étaient entravées par un rondin de bois... Un truc clochait. Je commençais à m'agiter, me demandant si on ne m'avait pas ligotée sur mon lit.

- Bébé, si tu pouvais cesser de te tortiller comme un asticot, j'aimerais encore dormir un peu.

Cette voix endormie... Bébé ?... Ma respiration se coupa, mon cœur ratant dangereusement un battement. Mes paupières s'ouvrirent d'un coup. Puis soudain, je poussai un hurlement si strident que l'épineux bondit sur le matelas, les cheveux complètement décoiffés.

- Mais tu es cinglée ? hurla-t-il, proche du malaise.

Il posa une main sur son cœur, frisant l'arrêt cardiaque. Je me redressai rapidement et me réfugiai sur les coussins, contre la tête de lit. Agenouillé, l'épineux me dévisageait sans comprendre.

- Comment as-tu atterri ici ? lui demandai-je avec colère, en lui pointant le lit.

- Ah, ça ! lança-t-il en retrouvant des couleurs.

L'arrogant personnage se fendit d'un sourire irrésistible. Ses beaux yeux verts rieurs se posèrent sur mes jambes dénudées. Je blêmis en constatant que ma jupe avait disparue et que mon haut avait été changé par un immense tee-shirt homme.

- Une soirée mémorable. Je suis étonné qu'il ne t'en reste aucun souvenir.

L'épineux jouait avec mes nerfs. Mon cerveau se faisait violence pour retrouver ne serait-ce qu'une bribe des événements de la veille. Mais aucune activité ne traînait dans la case des souvenirs. Entre le moment où je m'étais préparée et le réveil, un immense trou noir occupait l'espace.

Mes yeux s'accrochèrent à son torse dénudé, dévoilant un magnifique tatouage tribal noir. La seule certitude était qu'il avait un bas de survêtement, signe que son occupation première cette nuit avait été de dormir.

- Comment suis-je entrée dans ce tee-shirt ?

Il esquissa un sourire insolent.

- À notre retour de soirée, tu t'es foutu à poil. Il a bien fallu que je te file mon tee-shirt pour cacher ta nudité. Je dois avouer que tes formes sont parfaites, mon ange.

« Mon ange » ? Devenait-il fou ? Et puis, pourquoi se rapprochait-il de moi ? Je n'étais d'ailleurs pas parfaite. Une énorme cicatrice balafrait mon ventre. Ne l'avait-il pas vue ?

- Ggggarde tes distances, épineux, bégayé-je sans grande conviction.

Merde, il était encore plus mignon au réveil... Mignon ? mon cerveau avait pensé « mignon » ? Je perdais toutes mes facultés cognitives avec sa proximité. Mon dos collé contre la tête du lit, je fixai avec envie ses lèvres, bien trop tentante.

Il tira sèchement sur l'une de mes chevilles et je glissai pour me retrouver sous son corps. Il posa un coude près de mon épaule puis ses lèvres effleurèrent mon cou, traçant une rivière de feu.

- Hier soir, j'ai fait connaissance de Naïa, la truie de Lan, chuchota-t-il.

Sa main libre caressa ma hanche avec une infinie douceur, provoquant toute une myriade de sensations merveilleuses. À son contact, ma peau se hérissait, mon corps se réveillait.

A pretty calamityOù les histoires vivent. Découvrez maintenant