Chapitre 62

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HARPS

Je sortais de la douche et m'observai le visage dans le miroir. Enflure de psychopathe ! Ce démon aurait pu me fendre le crâne avec ses conneries. Encore une belle entaille...

J'enfilai un jean bleu et je sortis torse nu, la serviette jetée sur mon épaule, pour regagner ma chambre. Alors que ma main atteignait la poignée de la porte, Jex arrivait en haut des marches des escaliers, tout en sifflotant. Une casquette placée à l'envers comme les rappeurs, il pianotait sur son téléphone. S'apercevant de ma présence, il releva le visage et se décomposa.

- Putain mec, elle t'a tabassé ? demanda mon ami avec inquiétude. Je t'avais bien mis en garde.

Je grimaçai. Il ne kifferait pas si je racontai que son cinglé de frère était intervenu afin, j'en étais persuadé, de me remettre à ma place. Et il désapprouverait fermement d'avoir embrassé sa jeune sœur alors qu'il pionçait dans la chambre voisine, allant jusqu'à mettre une main dans sa petite culotte en coton.

- Non, mon pote.

- Mais comment t'es-tu pété l'arcade ?

- Ton adorable grand frère, répondis-je en ouvrant la porte.

- Je ne comprends pas...Oh bordel de merde ! s'exclama-t-il choqué. Mais que fait Naïa dans ta chambre ?

- Une plaisanterie de la sorcière...

J'étais encore dévasté. La truie avait tout grignoté : ma couette, les draps, mes chaussures. Les dernières étagères du placard avaient été vidées de leurs contenus et l'animal s'était fait un festin de mes tee-shirts et caleçons.

- Elle a bouffé tes fringues et chié sur ton plumard ! Je vais vomir...

Il s'appuya sur le mur de la chambre et tenta de maîtriser un haut le cœur.

- Je suis désolé Harps pour tout le bordel...

Je pris une chemise blanche miraculeusement indemne et l'enfilai. La truie vint renifler mes pieds mais je la dégageai avant qu'elle ne me mangeât un orteil.

Je pris un petit morceau de papier froissé dans la poche arrière de mon jean et le donner à mon pote. Jack était venu me le remettre ce matin alors que je cherchais un caleçon non troué dans tout ce bazar. Le chacal avait souri, bien amusé par la farce de la sorcière.

- Les coordonnées de Zapota. Contacte-le et qu'il ramène son cul. Je veux tout savoir sur le pote de ton frère, jusqu'à la taille de ses capotes et la couleur de son papier toilette.

- Tu n'as pas lâché encore cette idée de merde ! lança-t-il un peu fort. Tu sais les ennuis que ce gars va nous apporter ?

Je refermai rapidement la porte pour nous couper des oreilles indiscrètes.

- Chut ! Bon sang, sois discret ! lui intimai-je en murmurant.

- Je maintiens fortement que ce gars est plus fêlé que nous tous réunis, poursuivit-il en chuchotant.

Je pointai un doigt menaçant.

- Tu ne discutes pas. À moins que tu aies une idée géniale, autre que ton trip de te payer des pingouins sur la banquise ?

Il sembla réfléchir mais il ne put trouver mieux car il s'inclina.

- Ok mec, ce sera fait sans trace. Merde, Naïa bouffe ton pantalon...

La grosse truie avait déchiré mon froc, cherchant certainement à se caler un truc sous la dent.

- Tu devrais la virer de ta chambre rapidement où elle te bouffera aussi ce soir. 

A pretty calamityOù les histoires vivent. Découvrez maintenant