Harps
Je vous jure, quelle famille de cinglé ! Je ne savais qui des trois était le plus atteint tant les scores étaient serrés : le psychopathe, mon pote qui perdait le contrôle avec sa sœur ou la sorcière avec sa langue de vipère.
Je pris une poche dans le congélateur et la posai sur mon menton. Une panoplie de voleur... Elle était complètement chtarbée de balancer ça à ses frères, comme si c'était des ustensiles pour une partie de baise. Juste des souvenirs quand j'étais enforcer avec Sax. Que vouliez-vous, je gardai tout comme un grand romantique dans l'âme !
Je pris une tasse et me fis couler un café. Betty avait racheté tout un service de vaisselle après que Jex et moi avions tout pété l'autre fois. Dans ce ranch, Betty était notre petite marraine, la fée qui veillait sur notre bien-être.
Des souvenirs affluèrent : le réveil dans les bras de la mioche. Sans mentir, j'avais kiffé de sentir son odeur vanillée, contempler ses lèvres tentatrices, caresser ses cheveux emmêlés. Elle était divine et il fallait avouer que son petit cul me faisait bander.
Je bus une gorgée de mon café et mes yeux accrochèrent le cinglé, discutant avec deux acolytes, Dimitri et... putain, c'était quoi le prénom de ce dégénéré ? Brutor ? Brussius ? Bruccus ? Ouais, je pensai que c'était ça. Bruccus.
Un sourire effleura mes lèvres quand je repensai à la soirée mémorable avec la sorcière. Elle avait soufflé et postillonné sur le gars au monosourcil, caressant l'espoir de le faire envoler. Il était clair qu'elle avait une dent contre cette bête. Connaissant ses frères, le gars l'avait certainement vissé dans son adolescence, s'attirant les foudres éternelles de la belle.
Tiens, Matt était furax. Le gars perdait sa légendaire maîtrise de ses émotions en fronçant ses sourcils, prêt à se jeter sur ses potes. Intéressant...se pourrait-il qu'il fût humain ?
Je tentais de tendre l'oreille mais Gary avait fait du bon boulot avec cette fenêtre pare-balles et je n'entendais pas un mot... J'essayai de lire sur les lèvres mais que vouliez-vous, je n'avais pas ce talent et je me fis rapidement repéré par cet ours de Brumus, alors que je collai mon oreille sur la vitre.
Matt bouscula le Dimitri et fila d'une démarche pressée vers la maison. Je fis un clin d'œil à la montagne de muscles et il serra les dents à se péter la mâchoire en me lançant un regard de tueur. Je n'étais pas suicidaire mais je ne pouvais pas encadrer ces gars. Et comme ma belle, j'étais rancunier quand on marchait sur mes pieds.
La sorcière entra dans la cuisine à son tour et se servit un verre d'eau. Mes yeux louchèrent sur ses fesses moulées dans un short diablement sexy. Cette gonzesse finirait par avoir ma peau et ma dernière durite. Cette attraction entre nous mènerait lentement mais sûrement ma pauvre carcasse dans un trou.
- Tu en as d'autres des idées aussi débiles à balancer à tes frères ? demandai-je avec ressentiment.
- Je ne sais pas... Ai-je une toute petite poitrine ?
Ainsi, c'était donc cela ?... Je m'avançai vers la démone et posai une main sur le plan de travail pour me pencher à son oreille.
- Tes seins sont parfaits, chuchotai-je prêt à monter la température dans sa petite culotte en coton. Et poser ma langue sur tes tétons est mon putain de fantasme ces derniers jours.
Ses joues s'empourprèrent. Cette nana était ravissante avec cette part de candeur qui chavirait mon cœur de pierre. Elle était si différente des femelles qui gravitaient autour de ma queue... presque irréelle, trop bien.
Je me redressai et terminai mon café, en gardant mes yeux sur son visage angélique.
- Ça te dirait de nous casser du ranch pour la journée ? demandai-je avec un grain d'inconscience, ne supportant plus la proximité des gars du cinglé.
- Tu vas te faire démonter à notre retour ? répondit-elle.
- Tu risques aussi la pendaison, sorcière, répliquai-je.
Un sourire malicieux éclaira ses traits.
- Mon frère Matt vient de partir.
- Jex est au garage.
- Le chemin est libre alors.
Nous entrechoquâmes la tasse à café et son verre pour sceller notre pacte. Merde, dans quel pétrin venai-je de me mettre ?
Une heure après...Mais qu'est-ce qu'il m'avait pris d'emmener la sorcière en promenade sur ma bécane ? Les hommes de Matt nous coursaient avec la désagréable envie de m'envoyer en l'air. Je ne devais mon salut qu'en la présence de la mioche, accrochée fortement à ma taille.
Leur véhicule était puissant et rugissait à mes oreilles. Au volant, Brussus... non ce n'était encore pas ça... merde, ce n'était pas compliqué à retenir pourtant ! Mon cerveau refusait d'imprimer son prénom d'abruti. Bref, comme j'expliquai, Brulus avec sa touffasse de sourcils en bataille, devait maugréer dans sa barbe de Père Noël. À ses côtés le flippant Dimitri. Le mec devait fantasmer de tenir mon cou entre ses mains. Je ricanai. Si nous parvenions à nous échapper, les deux abrutis se feraient remonter les bretelles par le cinglé. Ce dernier allait serrer quand il serait informé que j'étais avec sa princesse. Petite revanche pour mes hommes.
- Vas-y démone, fais-toi plaisir ! lançai-je.
La mioche me sourit, bien contente du mauvais tour qu'elle jouerait à son barbu. Il avait tellement gâché sa liberté pendant l'adolescence, qu'elle se montrerait sans pitié.
Je ralentis légèrement pour lui permettre de prendre son sac à dos. Elle l'ouvrit et plongea sa main pour en sortir un œuf. Elle commença alors à bombarder le véhicule. Et un, puis deux, trois, quatre... Elle s'amusait et ses éclats de rire me rendaient heureux. Cheveux au vent, sa robe qui voletait autour de son corps tout fin. Elle était vraiment belle. Tout en elle était délicat, féérique. Cette femme était fascinante.
Une vingtaine d'œufs au total avait finalement atterri sur le parebrise ou le capot. À travers le rétroviseur, j'apercevais presque les chicots de Brulus grincer.
Le gars avait activé les essuies glace et ce fut ce moment que ma démone choisit pour jeter des clous. Une poignée puis deux, puis trois. Les clous rebondissaient sur la route, sur le véhicule. Une poignée avait même était lâchée sur ma bécane.
- Putain la mioche ! Pas sur nous ! criai-je.
- Désolée ! répondit-elle avec une grimace.
Elle continuait de semer et je donnai un coup d'accélération. Surprise, son sac lui échappa des mains et tomba sur le bitume. Le véhicule l'écrasa sans pitié et mes affaires volèrent. Serviette, bouteilles d'eau, sandwiches, ma carte bleue... Inutile de verser une larme...
- Oh ! lança-t-elle, ses lèvres s'arrondissant en un charmant petit O.
- Mouais, O...
Mes dents grincèrent. La petite escapade me coûterait sûrement chère...
Au bout d'un kilomètre, le véhicule se mit à ralentir. J'étais certain qu'un pneu avait crevé. Brumus finit même par s'arrêter. Sa grosse carcasse sortit lentement de l'habitacle pour me fusiller d'un regard flippant. Je stoppai également la moto avec un putain de sourire en coin.
Son pote Dimitri s'extirpa également à son tour. Sa cervelle devait bouillonner dans sa boîte crânienne. Le révolver rangé dans son étui devait le démanger pour m'envoyer valser dans l'au-delà. Mais je savais qu'en la présence de la princesse, il ne tenterait rien.
Je pointai mon majeur dans leur direction. Brulus avança d'un pas rageur et je démarrai avec un smile sur ma face d'enfoiré. Echec et mat. J'étais heureux. Pour la première fois depuis des années, je planais sur un nuage, la belle enserrant ma taille, ses cheveux au vent.
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A pretty calamity
DragosteLui, c'est Harps. Il est le Président du club des bikers Black Wolves. Il mène ses petits affaires bien tranquillement dans les terres du Middleton Wassep. Elle, c'est Kally. Elle est entrée dans sa vie comme un boulet. Elle est timide, souriante...
