Un job amusant
KALLY
Pendant que cette mocheté aux talons vertigineux me tournait le dos et déposait des verres sales sur le plan de travail, je lui tirai la langue. Attitude pas très adulte me direz-vous, mais cette nana était le cliché de la poupée en plastique écervelée. Tout était faux : ses cheveux colorés, son nez, ses lèvres, ses seins, ses fesses. Et pour couronner le tout, le cerveau avait déserté sa boîte crânienne.
Ce matin, Bart, le gérant du bar, grand ami du cactus, n'avait pas trouvé mieux que de m'affecter au service de cette pimbêche. Dès que nos regards s'étaient croisés, nous avions compris que nous ne serions jamais copines. Elle m'avait donné pour corvée de laver la montagne d'assiettes et de verres qu'avaient utilisé les clients de la veille au soir.
N'avait-il point les moyens d'investir dans un lave-vaisselle qu'ils soient obligés de me déléguer la basse besogne ? Je soupirai... il était dix heures et j'étais déjà épuisée.
Grâce, paraitrait-il que c'était son prénom, sortit de la cuisine par les portes battantes, en me jetant un sourire moqueur. Je serrai l'éponge entre mes doigts. Il était temps de remettre la bouffonne à sa place.
Je me mis à accélérer la cadence et lorsque les verres furent lavés, j'entrepris de construire une méga- pyramide, digne du savoir-faire égyptien. Quand je posai le dernier verre au sommet, la pyramide devait bien mesurer deux mètres de haut ! J'avais même dû grimper sur le plan de travail. Je pris mon portable pour tirer une photo que j'envoyai à l'épineux. Je ne lui donnais pas trois jours pour me virer de son bar.
Ce fut à ce moment que Bart se décida d'entrer dans la pièce, suivi de sa mesquine serveuse. Tous deux poussèrent un cri si strident que je crus que la pyramide allait s'effondrer.
Bart se frotta le visage complètement catastrophé pendant que la poupée ouvrait et fermait sa bouche tel un poisson rouge.
Quand il fut en mesure de parler, Bart me demanda encore sonné :
- Mais que fais-tu ?
Je lui souris et sautai en bas du plan de travail, ce qui eut pour résultat de faire trembler l'édifice. Le gérant poussa un gémissement en mettant les mains de chaque côté de sa tête.
- J'expérimente une nouvelle technique pour le séchage.
- Une nouvelle technique ? répéta-t-il, n'en croyant pas ses yeux.
- Oui, l'eau coule sur les torchons à la base de la structure. Ainsi, nul besoin d'essuyer chaque verre.
Bart se rapprocha au ralenti comme s'il craignait que son souffle puisse faire effondrer l'édifice. Il resta un moment à la contempler comme les moines devant la croix, puis il se tourna vers moi et un seul mot franchit ses lèvres :
- Dehors !
- Je comprends que cette technique soit un peu révolutionnaire mais.
Il devint rouge pivoine et pointa sèchement les portes de son doigt. Il ne fallait pas me le répéter. Je retirai le tablier que j'offris à Grâce- bouche- en- cul- de- poule et je m'empressai de quitter les lieux.
Je récupérai mon sac sur le porte-manteau du vestiaire quand une voix grave stoppa mon élan.
- Où comptes-tu te rendre, la mioche ?
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A pretty calamity
RomanceLui, c'est Harps. Il est le Président du club des bikers Black Wolves. Il mène ses petits affaires bien tranquillement dans les terres du Middleton Wassep. Elle, c'est Kally. Elle est entrée dans sa vie comme un boulet. Elle est timide, souriante...
