KALLY
Deux jours. Voilà deux jours que j'étais enfermée dans ce ranch, perdu au milieu de rien. Deux jours que je tournai en rond comme un poisson dans son bocal, après que mon aîné et l'épineux m'aient interdit de m'évader de ce trou. Même travailler au Angel Club m'était formellement défendu. Je détestais ce bar mais j'aurais tout donné pour ne serait-ce cureter les toilettes afin de m'éloigner de cet enfer.
Si vous saviez pour quelle excuse cette poignée de gros muscles m'avait cloîtré telle une prisonnière dans sa cellule ! Pour ma SECURITE ! Matt m'avait même demandé la définition du mot pour que mon cerveau « s'imprègne de ce concept qui semblait m'échapper ».
Je donnai un coup de pied à une petite pierre qui ricocha sur le réservoir de la moto de Sylver, une Harley Davidson, comme la plupart de ses copains. Je haussai les épaules, indifférente au microscopique impact qu'elle avait laissé sur la peinture noire.
Mon regard se posa sur ma titine rouge, bloquée par un arbre et une rangée de bécanes toutes plus horribles les unes que les autres. Dans mes veines, courait une rage démesurée en me remémorant le sourire de satisfaction de cet épineux, lorsque mon démon de frère avait instauré le confinement. Ce gars-là m'agaçait au plus haut point.
Quand l'oursin me toisait, sa bouche formait toujours une espèce de grimace arrogante qui m'agaçait. Et pourtant, ma peau s'électrisait dès que son regard insolent se posait sur moi. Tout mon corps était attiré par cet être diablement sexy. Malgré tous mes efforts pour lutter contre cette attraction, chaque cellule de mon épiderme vibrait à son approche.
L'épineux entra dans mon champ visuel. Il sortait de la grange sans se presser, sifflotant tel un pinson, la démarche assurée. Je m'assis sur les marches du perron et je l'observai à la dérobée. Ce gars était la personnification d'Appolon. À travers son tee-shirt, je devinai un corps bien ferme, où chaque muscle devait être dessiné à la perfection. Il était fin, athlétique. Le genre de mâle sûr de son charme ravageur sur la gente féminine. Il était complètement ridicule de nier que cet hérisson me plaisait. Et là résidait le problème : je ne voulais pas figurer sur son tableau de chasse ou simplement lui donner l'occasion de se moquer de ma pitoyable attirance pour lui.
J'observai son visage. Ses yeux verts hypnotisants me fascinaient. Je n'avais jamais vu des iris avec une telle couleur, mélangeant toute une palette de verts. Son regard était si intense que je pouvais aisément me consumer à leur contact.
Il me rejoignit et s'arrêta à ma hauteur avec le sourire des jours heureux. Je décidai de l'ignorer, fixant le bout de mes orteils. J'étais mortifiée d'éprouver une quelconque émotion à son approche. Une drôle de sensation envahit mon corps et je me sentis rougir comme une écrevisse.
Il croisa ses bras et me fixa fièrement.
- Tu es à court d'idées pour me rendre la vie impossible ? ironisa-t-il.
Je m'abstins de rétorquer, trouvant déjà humiliant de ne pouvoir contrôler cette émotion bizarre. Ce pourrait-il que je sois retournée à l'époque de mes premiers boutons, quand je salivai devant monsieur Biscotto, le professeur de sport ? Etais-je redevenue une écolière avec ses nattes qui rougissait devant une publicité de caleçons masculins ?
Même la voix profonde de cet épineux me faisait un effet troublant. Et ce visage... il était l'incarnation de l'arrogance mais d'une beauté irrésistible, qui m'attirait tel le papillon à la lumière.
- Deux jours sans incident ! Ta cuisante défaite t'a broyé la langue, la mioche ?
Il se mit à rire et mon cœur craqua tant il était tout mignon. Il fallait absolument que je me ressaisisse. Cette situation ridicule devait prendre fin.
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A pretty calamity
RomanceLui, c'est Harps. Il est le Président du club des bikers Black Wolves. Il mène ses petits affaires bien tranquillement dans les terres du Middleton Wassep. Elle, c'est Kally. Elle est entrée dans sa vie comme un boulet. Elle est timide, souriante...
