HARPS
Assis dans le canapé du salon, je maintenais une poche de glace sur mon œil gonflé. Demain, j'aurais certainement la belle empreinte de la patoche de cet enfoiré de Matt.
De mon autre œil valide, j'observai la mioche qui s'affairait à étaler une bonne couche de pommade d'arnica sur la joue de son frère Jex. Je tentai de me redresser pour trouver une position plus confortable mais je grimaçai de douleur. Je devais avoir une côte fêlée. Certainement quand j'étais passé à travers la table basse en bois, après avoir reçu un coup de chaussures dans l'estomac.
Jack me tendit un verre d'eau et un anti-douleur que je m'empressai d'accepter. Tout mon corps me lançait. J'avais des centaines d'ecchymoses, des griffures, comme si j'avais lutté contre un ours. J'étais loin d'être une chochotte mais se mesurer à un grizzli était pire que de se faire rouler dessus par un camion.
- Je vous avais bien dit que cela finirait mal, répéta mon vice-président pour la énième fois.
Je grondai pour lui faire comprendre que son ton paternaliste commençait sérieusement à me courir sur le haricot. Ok, nous avions foiré. Enfin rectifions. Jex avait complètement merdé. Mais nous avions monté ce stratagème pour la bonne cause. Notre survie avait été en danger.
Mon regard se posa sur la mioche. Ses yeux rougis et ses cheveux défaits me firent une drôle de sensation. Je ne supportai pas de voir la tristesse sur son visage. Elle avait toujours un sourire au bord des lèvres, un petit air malicieux dans ses beaux yeux bleus, si bleus que je m'y noyais. Elle ne ressemblait en rien aux femmes qui m'ont entourées. Même ma mère n'avait jamais eu ce regard si intense, cette innocence si belle. Je n'avais pas le droit de l'abîmer. Ma vie était compliquée, dangereuse. Qu'avais-je de bon à lui offrir ? Mon père m'avait légué le club, j'avais des frères maintenant qui comptaient sur moi. Je serai toujours mêlé à des affaires illicites qui pouvaient mal terminer. Je n'avais pas le droit de la mêler à tout ce merdier.
En peu de jours, cette nana avait semé le chaos dans nos vies. Elle avait transgressé les interdits, bouleversé mes habitudes. Avec arrogance, elle avait osé me braver, allant jusqu'à me tatouer un cul sur mon dos. La mort avait bien failli me cueillir une bonne dizaine de fois. Elle était rebelle, fière et magnifique. Mais pas pour moi.
Vicky vint s'asseoir à mes côtés et tenta de caresser mes cheveux mais j'attrapai son poignet. Cette grosse bouche, ces faux seins qui jaillissaient dans son crop top trop étroit me révulsaient. Mon humeur était massacrante après cette cuisante déculottée et je ne pouvais plus supporter la vue de cet épouvantail.
- Mon chéri, j'ai eu si peur, minauda-t-elle, faisant fi de mon rejet. Quand tu as traversé la pièce en volant pour t'enrouler autour de la lampe, j'ai bien cru que tu étais mort.
Je grognai de rage. Fallait-il me rappeler le passage de cette branlée ? Quelle humiliation...
- Et Jex, mon Dieu ! Matt l'a empoigné comme une brindille et a enfoncé sa tête dans la plante verte.
Mon pote repoussa la main de sa sœur pour fusiller Vicky. Il était urgent de me débarrasser de cette poupée en caoutchouc.
- Vicky ? l'interpelai-je.
- Quoi mon poussin, répondit-elle avec des yeux de biche.
- Se serait vraiment cool de fermer ta bouche.
Ses joues rougirent violemment. La poupée siliconée était offusquée mais je m'en fichais complètement. Comprenant, que sa présence était plus qu'indésirable, Jack la prit par le bras avec fermeté pour l'éloigner.
VOUS LISEZ
A pretty calamity
RomanceLui, c'est Harps. Il est le Président du club des bikers Black Wolves. Il mène ses petits affaires bien tranquillement dans les terres du Middleton Wassep. Elle, c'est Kally. Elle est entrée dans sa vie comme un boulet. Elle est timide, souriante...
