Chapitre 41

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Harps

Cette nana... Elle avait osé... Je posai un poing sur la fontaine en penchant la tête sous le jet d'eau. Je me frottai vigoureusement les cheveux pendant que Jex m'aspergeait pour retirer tout le béton que cette démone avait déversé sur moi. Mes lunettes de soleil étaient complètement fichues alors je les balançais par terre. J'avais du béton sur tous mes vêtements et même mes belles baskets n'avaient pas été épargnées. Je retirai mon tee-shirt et le tendis à Bolder.

- Elle l'a fait exprès j'en suis certain ! lançai-je avec rage. J'ai vu son regard de démone se poser sur moi avec un sourire machiavélique.

- Je suis même certain qu'elle attendait patiemment que tu ramènes ton cul sous l'échelle, ajouta calmement Jex, qui semblait avoir ingurgité un tranquillisant.

- Mec, faut absolument que je prépare un trou dans le désert pour l'enterrer à coup de grosse pelle. Je vais arracher sa tête de mollusque pour la fourrer au plus profond des entrailles de la terre.

- Ce serait cool, me répondit-il, semblant planer à des kilomètres. Ouais, carrément cool !

Je me redressai et je l'observai, craignant que son cerveau ait lâché. Lan me tendit une serviette.

- Tout compte fait, je vais m'occuper de mes ongles de pieds, lança Bolder.

- Vaut mieux si tu veux garder tes orteils, ajouta Lan.

Je me séchai la tête. J'avais encore du béton dans les cheveux. Putain, ça prendrait des années pour me débarrasser de cette merde. La situation avait encore une fois échappée à ma vigilance. Pourtant, depuis deux jours, je me délectais de voir la démone saliver sous un soleil de plomb, remplissant la bétonnière avec peine. Elle avait même enfilé un chapeau de paille ridicule que j'avais immortalisé avec l'appareil photo de mon téléphone. Mais ces instants furent de courtes durées puisqu'elle avait encore réussi à renverser la vapeur par un de ses stratagèmes tordus.

Je lançai un coup d'œil à cette sorcière, assise sur une table en bois, à l'ombre d'un grand arbre, le cinglé à ses côtés. Lan enroula le tuyau d'eau et Bolder suivit mon regard, avec une mine dépitée.

- Paraît-il qu'elle s'est foulée le poignet, me confia-t-il. Il faudra poursuivre le sale travail à sa place.

- Foutaise ! crai-je, perdant les pédales.

- D'accord avec toi, Prez. Mais il est inutile de t'énerver, dit Lan en tentant de me calmer.

Je fulminai. Mon corps tremblait de colère. La cocotte sous pression ne tarderait pas à exploser. Jex posa une main sur mon épaule.

- Ne soit pas fou, mon pote, me conseilla-t-il avec un drôle d'air. Si tu tentes quoique ce soit avec mon frère, il va t'éclater comme un insecte sur un pare-brise. Mettons en marche le plan B.

- Je ne suis pas un putain de pingouin qui va mendier un carré de banquise ! lui répondis-je en hurlant et en serrant dangereusement mes poings alors que Lan et Bolder chuchotaient que je perdais le contrôle.

Jex se recula et posa ses deux paumes de mains devant lui. Il réagissait anormalement et j'étais certain qu'il avait pris un médoc ou fumé une plante bizarre. Jex était bien trop serein pour être lui-même.

- Mec, la banquise est vraiment sympa, continuait-il en sortant un truc étrange de sa poche.

J'arrachai le sachet qu'il tenait dans ses mains et je lui pointai mon visage.

A pretty calamityOù les histoires vivent. Découvrez maintenant