Bonus 2 - Alexander

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Je chuchotais à l'oreille du cheval pour le calmer alors qu'il s'exitait à l'approche du départ. Ma bague noire sur l'encolure de la bête attira mon attention. J'étais marié. Un fait difficile à croire. Je ne savais pas comment agir en la présence de ma toute nouvelle épouse, je ne savais pas comment rendre la chose plus facile pour elle. Alors je me contentais de ne pas lui parler et de l'éviter. Un peu lache, je l'avoue...
J'étais marié depuis moins de 24h et j'étais prêt à parier que ma femme me détestait. Je ne pouvais pas lui en vouloir, je lui avais tout pris et en échange je ne lui offrait rien. Bien que je doute que son père face partie des choses qu'elle regrettera. Cette homme représentait tout ce que je détestais. Il n'avait que faire de sa fille, tout ce qui l'importait était cette alliance. J'avais pris sur moi pour ne pas perdre le contrôle durant notre entretien, il y a quelques mois et une nouvelle fois avant notre départ.

- Votre grâce, voici un bouquet de fleurs fraîchement cueilli.

Je me retournais à la voix de Nicole. Mon regard croisa celui vert vibrant de mon épouse. Elle était magnifique, le conseillé Palton n'avait pas menti. Dans ses yeux, je pouvais lire toutes ses émotions : la tristesse, la colère, le doute. Elle finit par détourner les yeux. Je me surpris à éprouver de la déception. Je ne pouvais ignorer la curiosité que j'éprouvais à son égard. La première fois que je l'avais vu j'avais éprouvé plus d'émotion que je n'en ai ressenti depuis de nombreuses années. Une raison de plus de garder mes distances.
Alors qu'elle remerciait Nicole pour le bouquet, je prenais le temps de la détailler. Sous ses yeux de légères poches trahissaient sa fatigue qu'elle avait essayé de cacher. Sa silhouette me paraissait frêle bien que des formes la caractérisaient la où il fallait.
Je m'approchais du carrosse pour l'y attendre et l'intercepter avant qu'elle ne s'engouffre dans la voiture.

- Vous n'avez pas beaucoup mangé hier soir.

Mary se tourna vers moi, les sourcils froncés. Je tentais de m'expliquer :

- Nicole m'a prévenu.

Dans ses yeux dansait un agacement à peine voilé. Je patientais, attendant qu'elle me réponde. Je ne sais ce que j'attendais, j'étais seulement soucieux je crois de son bien être. Je ne savais pas grand chose des femmes mais une bonne alimentation semblait un point clé. Je suis pathétique, pensais-je...

- Vous auriez dû manger. C'est à peine si vous avez avalé quelque chose hier midi, je vous avais pourtant conseillé de vous nourrir pour le voyage.

L'agacement se transforma en colère. Je pouvais lire en elle comme dans un livre ouvert.

- Je vous demande pardon ? Dit elle sèchement.

Oh oh.

- Comment pouvez-vous vous permettre d'exiger quoi que ce soit à mon égard ? Vous êtes peut-être aujourd'hui mon mari et mon roi, mais ne croyez pas que pour ces raisons, je me plierais à toutes vos exigences, surtout quand elle ne concerne que moi !

Sur ce, elle rentra dans le carrosse sans attendre une réponse de ma part. Je restais immobile, surpris par ce caractère que je n'aurais pu soupçonner. Elle m'avait bien remis à ma place, un roi, elle n'avait pas froid aux yeux. J'en étais malgré moi amusé.

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