Chapitre 15

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IVY

Cela fait maintenant quelques jours que nous concentrons nos recherches sur une potentielle alliance avec la Bratva.

Avec Léo et Maël, nous avons passé au peigne fin la totalité des représentants présents ce soir-là. Nous avons vérifié chaque emploi du temps, mis sur écoute leurs lignes téléphoniques, piraté leurs messageries et épluché leurs comptes bancaires pour déceler le moindre virement inhabituel.

Mais le constat est sans appel... Nos investigations n'ont mené à rien.

Les caméras ont été désactivées à distance et il n'y a eu aucune trace d'effractions. Ils sont rentrés dans la villa avec une telle facilité que c'en est déconcertant.

Tandis que mon esprit bouillonne, l'écran de l'ordinateur semble m'observer dans l'indifférence la plus totale. 

Dans le calme oppressant de la pièce, je m'abandonne à un soupir profond en laissant retomber ma tête entre mes mains. Mes doigts tambourinent mes tempes, espérant faire surgir l'indice qui nous permettra de régler nos problèmes.

Fais chier !

Un détail doit forcément nous échapper et cela me tue de ne pas réussir à mettre le doigt dessus.

Je n'ai aucune idée de l'heure qu'il est, mais la pénombre à travers la fenêtre laisse présager que la soirée est déjà bien entamée. 

Je me laisse retomber contre le dossier du fauteuil pour libérer la tension dans mes muscles lorsque la lumière de la pièce s'allume subitement.

— T'es encore là, toi ? M'interpelle Yann.

— Oui, j'suis encore là...

Il s'approche et incline son corps pour jeter un coup d'œil à mes recherches.

— Tu as trouvé quelque chose ?

Dépitée, je secoue la tête de gauche à droite.

— Fais une pause, 'Vy. T'en as assez fait pour aujourd'hui. Ajoute-t-il en ponctuant ses propos d'une tape légère sur l'épaule.

J'aimerais bien... Mais je ne peux pas.

Je me sens tellement coupable vis-à-vis de Liam que je veux absolument trouver les responsables.

La fatigue vient sûrement fragiliser mon état d'esprit, car mes lèvres se mettent à trembler. L'émotion commence à obstruer ma vision tandis que je réprime un sanglot.

— Hey, ma puce... Souffle-t-il, en devinant immédiatement le fardeau qui pèse sur mes épaules.

Il fait pivoter mon siège de sorte que je me retrouve face à lui.

— L'état de Liam s'améliore de jour en jour, il va s'en remettre. Quant à ces fils de putes, je te promets que ce n'est qu'une question de jour avant qu'on ne leur mette la main dessus.

Je réponds d'un mouvement de tête en reniflant.

— Allez, va te reposer. Ton corps en a besoin.

Sans protester, je remets de l'ordre sur le bureau puis rabaisse l'écran de l'ordinateur portable avant de m'éclipser.

— Bonne nuit, Yann.

— Bonne nuit, ma puce.

*

En franchissant le seuil de la chambre, je m'attends à retrouver Knox, pourtant il n'y a aucun signe de lui. La pièce est totalement déserte... Il a sûrement dû sortir prendre l'air.

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