Chapitre 18

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IVY

Un effluve de café flotte dans l'air tandis que la lumière naturelle qui filtre par la fenêtre effleure mes paupières.

Enroulée dans le drap blanc, je m'éveille en douceur. À travers l'entrebâillement de la porte, j'observe Knox qui s'affaire en cuisine. 

Uniquement vêtu d'un jogging gris, j'admire la musculature de son dos ainsi que la fermeté de son magnifique fessier.

Cela fait plusieurs jours que nous sommes planqués dans ce chalet et j'ai l'impression d'être isolée dans une bulle, comme protégée du monde extérieur. J'oublie temporairement la menace qui pèse sur moi et savoure un quotidien qui parait presque ordinaire avec Knox.

Il ne manque plus que Drogo pour compléter parfaitement le tableau mais je sais qu'il est entre de bonnes mains à Phoenix.

À notre arrivée, la planque contenait déjà tout le matériel et les provisions nécessaires pour tenir un bon mois. Mon parrain s'est également arrangé pour que le frigo soit rempli d'insuline. 

Quoi qu'il en soit c'est largement plus qu'il n'en faut ! Bien que l'idée soit tentante, je n'ai pas l'intention de rester ici éternellement.

Yann nous a formellement interdit de nous aventurer à l'extérieur de la forêt et pour le coup, nous respectons scrupuleusement sa consigne. Il a raison, je ne peux plus nier le danger qui plane autour de moi. Le temps que cette histoire soit résolue, nous devons agir prudemment.

Le reste de l'équipe continue de se mobilier pour retrouver les responsables de l'attaque de la villa, tout en essayant de découvrir qui est à l'origine du contrat sur ma tête. Mon parrain pense qu'il n'y a pas de liens entre les deux assauts, cependant il ne faut écarter aucune piste.

J'ai également fait part à mes collègues de l'intervention de cet homme cagoulé qui m'a aidé à sortir des grilles d'aérations. Mais Léo n'a pas pu retrouver sa trace puisque toutes les caméras du parking avaient été désactivées. Cependant, il m'a affirmé qu'il n'avait vu personne de semblable sur les autres enregistrements donc j'en viens finalement à me demander si je n'ai pas rêver...

Bref.

Afin d'éviter toute tentative de localisation, nous avons éteint nos téléphones portables et ne disposons d'aucun accès à Internet. Nous communiquons uniquement via une connexion hautement sécurisée. À l'époque, mon père avait équipé ce dispositif dans chacun de nos abris à travers le pays.

Entre ces quatre murs, Knox et moi faisons de notre mieux pour nous occuper, mais c'est loin d'être évident, car il n'y a strictement rien à faire. 

C'est impossible de se lancer dans des recettes gastronomiques pour faire passer le temps, car nos placards ne sont remplis que de nourritures lyophilisées. Et à cause de ma blessure à la cuisse, Knox refuse que je fasse le moindre effort physique.

Je me contente donc de le regarder s'entraîner. Et ça fait cinq putain de jours - 120h pour être exacte - qu'il exhibe ses muscles saillants sous mon nez, provoquant au passage, l'ébullition de mes hormones. En dépit de mes tentatives pour le faire craquer, il reste impassible à toutes mes avances.

Je m'extirpe du matelas, enfile un legging et me dirige sur la pointe des pieds vers mon petit ami. J'avoue avoir eu un peu de mal à me familiariser avec cette appellation, mais je dois admettre qu'elle résume parfaitement sa place dans ma vie.

Je l'étreins tendrement en déposant des baisers sur son dos tandis que mes mains caressent longuement ses abdominaux. L'effluve du gel douche émane autour de lui et je ne peux m'empêcher de le humer sans retenue.

AmnesiaOù les histoires vivent. Découvrez maintenant