Chapitre 26

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CHAPITRE 26

IVY

Lorsque je m'engage dans le couloir, le chaos me percute de plein fouet.

Les employés et les clients se croisent et se bousculent dans une panique désordonnée. Les visages sont déformés par l'angoisse, la peur collée à la peau.

Heureusement que Léo a pu me prévenir. Sans son intervention, je n'aurais jamais imaginé ce qui se tramait derrière ces murs insonorisés.

Au vu de la situation, je renonce volontairement à mes chaussures dans le but de faciliter mes déplacements, puis m'intègre au mouvement de foule. 

Je suis autant portée par cette dernière, que prisonnière de son flot.

À l'étage, ça s'agite. Des cris se mêlent aux ordres aboyés, aux pas précipités qui martèlent le sol et qui résonnent jusque dans les profondeurs du bâtiment. 

Puis, comme si ce n'était pas suffisant, la lumière s'éteint subitement, provoquant une cacophonie de hurlements.

Les flics ont lancé l'assaut.

Putain, il faut que je sorte d'ici. Et vite !

Malgré l'urgence, mon esprit déroule mécaniquement les plans du club, ceux que j'ai parfaitement mémorisés avant d'y foutre les pieds. Je visualise chaque couloir, chaque embranchement.

Tout est là, gravé dans ma tête.

Mais au sous-sol, il n'existe qu'une seule issue de secours.

Une seule et unique porte censée me mener à l'extérieur.

Cela réduit considérablement mes chances, mais je n'ai malheureusement pas d'autres choix.

Je dois impérativement quitter cet endroit.

Je m'efforce de tracer mentalement l'itinéraire pour y parvenir, tentant de garder le contrôle alors que l'adrénaline brouille mes repères.

Prochaine à droite, deuxième à gauche puis troisième à droite. Au bout du couloir.

Je peux y arriver.

Je quitte la marée humaine, m'élance dans une allée déserte en enchaînant les virages et avançant aussi vite que possible. Mon collant résille est la seule chose qui me sépare du sol glacé, laissant le froid mordre ma peau à chaque pas.

Le noir m'engloutit presque totalement, mais je continue d'avancer sans perdre de vue mon objectif.

Lorsque la porte de sortie me fait enfin face, l'espoir me traverse. Je me projette contre elle sans réfléchir. Ma hanche s'abat avec force sur le battant, mais... rien ne se passe. Elle est verrouillée.

Bordel, il ne manquait plus que ça !

D'un rapide coup d'œil, je constate qu'un dispositif de sécurité nécessitant un badge se trouve sur le côté.

Fais chier !

La réalité s'impose avec brutalité, écrasant au passage toute illusion de contrôle. Ma frustration monte en flèche et se mêle à une rage prête à exploser.

J'insulte Knox à voix haute, laissant échapper toute la colère que je m'étais acharnée à contenir jusque-là et me jure de lui faire payer son idée de merde. 

Du moins... si j'arrive à sortir d'ici.

Prête à faire demi-tour pour évaluer les maigres options qu'il me reste, mon corps se fige lorsque j'entends les bruits distincts de la police qui progresse dans le sous-sol.

AmnesiaOù les histoires vivent. Découvrez maintenant