Chapitre 13

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IVY

Les mains tremblantes, je cale une cigarette entre mes lèvres. Il faut dire que je n'ai pas réussi à fermer l'œil de la nuit, car l'adrénaline a refusé de quitter mes veines.

La fraîcheur du matin picote légèrement mon épiderme alors que les premiers rayons de lumières embrassent doucement l'horizon.

J'actionne la molette du briquet à trois reprises avant de parvenir à allumer le bout de ma tige et grimace à la première inhalation. La fumée m'irrite les voies respiratoires puisque cela fait plusieurs jours que je n'en avais pas consommé pourtant, malgré l'inconfort, je poursuis mon geste nocif.

Mon regard se pose sur le Glock-19 sanglé autour de ma cuisse.

« — Je veux que tu l'aies constamment sur toi. » M'avait ordonné Knox.

Si sur le moment j'avais pris son conseil à la légère, ce n'est plus le cas à l'heure actuelle. Après ce qu'il s'est passé hier, je n'ai plus la moindre intention de m'en séparer.

Je consulte rapidement la montre de mon ancien garde du corps qui entoure mon poignet. Techniquement, je ne lui ai pas demandé l'autorisation de la porter, mais j'avais besoin de ça pour le sentir près de moi.

Alors que les nuances dorées du soleil illuminent mon visage, la soirée de la veille tourne en boucle dans mon esprit. Cela fait des heures que je passe en revue chaque détail, cherchant à analyser le comportement de chaque personne que j'ai pu croiser.

— Mademoiselle Jones ? M'interrompt Winston dans mes pensées.

— Mmhh ?

— Ils vous attendent. Me prévient-il avec une légère révérence.

J'acquiesce en silence, écrase ma clope dans le cendrier à portée de main puis pénètre à l'intérieur de la villa.

Une équipe de nettoyage est en train de remettre le hall en état et les pas de mes Rangers foulent le sol jonché de verres brisés. Je progresse en direction de la salle de conférence alors que les vestiges de la nuit passée crépitent sous mes pieds.

En toute honnêteté, j'aurais préféré échapper à cette réunion, mais les événements de la veille m'obligent à endosser un rôle que je pensais avoir quitté il y a quelques années.

Je n'ai même pas encore franchi la porte, que des éclats de voix me parviennent déjà. Un soupir m'échappe avant que mes doigts ne se referment sur la poignée.

Et dès lors que j'entre à l'intérieur, une tension palpable emplit la pièce.

Mon intrusion passe presque inaperçue. En effet, seul Yann semble avoir détecté ma présence. Ceci étant dit, je ne m'en offusque pas, ayant grandi dans un environnement majoritairement masculin, j'ai fini par m'accommoder de ce genre de comportement.

Il faut dire qu'à l'exception de ma mère, les femmes n'ont jamais occupé de postes à grandes responsabilités. Et malheureusement, certains hommes s'obstinent à garder leurs vieilles habitudes en perpétuant cette hiérarchie inégale.

Système patriarcal de merde.

— VOTRE SÉCURITÉ LAISSE À DÉSIRER ! Vocifère l'un des dirigeants.

Mon parrain ignore les commentaires qui fusent et m'indique d'un léger signe de tête de prendre place à ses côtés.

— COMMENT CE GENRE DE CHOSE A T-IL PU SE PASSER ? Hurle un autre en tapant du poing sur la table.

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