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Maleynah












Le ciel est recouvert d'étoile lorsque j'en ressort.

Mathieu est mort, de mes mains. Je doit être couverte de son sang, je pense en avoir également sur le visage.

J'ai trancher la mauvaise artère sur la fin, avec tout ce sang, ma visibilité en fut très mauvaises.

J'ai réussis avec grande peine à contenir l'hémorragie, juste assez pour me laisser y aller jusqu'au bout.

Il est resté là, assis sur le capot du pickup, sa silhouette est découpée par la lueur fragile de la lune.

Tout en lui respire le danger, et pourtant c'est ce danger même qui me retient, m'aspire, comme une flamme qu'on sait prête à consumer et qu'on effleure quand même.

La fumée qu'il exhale forme des cercles paresseux qui se dissolvent dans l'air nocturne.

Ses yeux vairons s'accrochent aux miens, les recoins de ses lèvres s'incurvent tandis qu'il descend du bolide.

Deux mondes dans un même regard, deux univers aussi attrayant qu'effrayant, des promesses que je souhaite déceler.

Je suis incapable de détourner la tête alors, j'inspire profondément en avançant vers lui.

À peine suis-je à portée qu'il m'attire sans hésitation. Ses mains encadrent mon visage, son souffle caresse délicatement l'arrête de mon nez, ses yeux quand à eux, me sonde, j'ai l'impression d'être nue face a ce regard, ce petit quelque chose que je crois percevoir, qui fait baisser mes remparts, les uns après les autres.

Son pouce effleure ma joue, remonte vers ma tempe, un geste si lent qu'il me paraît durer une éternité. Je sens chaque battement de mon cœur cogner dans ma poitrine,

- Comment vas-tu ?

Mon souffle devint erratique, Ma poitrine se soulev trop vite, incapable de retrouver la cadence naturelle.

Cette proximité entre nous est... ce dont j'ai besoin, après ce qui vient de se passer, après ce que je viens de commettre, j'ai besoin de ça...

De ce contact humain pour oublier celle que j'ai été... pour accepter ce que j'ai fais...

Il est claire que tuer pour se défendre laisse moins de séquelle que torturer un homme à mort, même si cet homme est l'auteur de votre déclins perpétuelle.

- Bien, je vais bien.

Nous sommes si proches l'un de l'autre, que l'arrête de son nez se frotte à la mienne lorsqu'il acquiesce de la tête.

Il m'embrasse tendrement le front puis me fait monter dans la voiture.

Il nous conduis en silence, l'enclos d'Ummah est le lieux idéale lorsqu'on souhaite s'adonner à ce genre de chose, d'autant plus qu'à la nuit tombée, il arbore une beauté splendide.

Nous passons devant la cage d'Ummah qu'il grogne faiblement en voyant son maître.

Il s'attarde quelque minutes à ses côtés. Il l'a caresse affectueusement, lui embrasse le museau puis me rejoins.

Je ne me ferrai jamais à cela, marché à ses côtés, ma main dans la sienne, à ses caresses qu'il me prodigue chaque fois que nous nous retrouvons seuls, qu'il soit entrain de conduire ou de discuter avec une personnalité importante.

Cependant à cet instant, c'est exactement ce dont j'ai besoin. Je lui suis reconnaissante de n'avoir jusqu'à présent posé aucune question, il n'a même pas tenter de forcer la discussion, il me laisse être dans mon coin et digérer à ma façon ce qui vient de se passer.

[II] Forever yours...Où les histoires vivent. Découvrez maintenant