66 - Winter

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Winter

Je crois que j'avais merdé.

Je n'aurais pas cru que tout aurait dégénéré à ce point. Ce n'était pas supposé se dérouler comme ça. Elle n'était pas censée partir de la baraque, et je n'étais pas censée partir non plus.

Tout est parti en bordel.

— Dooonnnc... t'es venue ici pour dormir ou quoi ?

Le bras de Blondie m'enroule les jambes alors que j'étais assise, recroquevillée sur son lit. Il se penche contre moi, laissant des baisers sur mes genoux avant de les disperser tout le long de mes cuisses.

Je soupire en poussant le dessus de sa tête pour qu'il s'éloigne de moi. C'était la dernière chose dont j'avais envie, qu'il me touche ou qu'il fasse quoi que ce soit qui demanderait que nous nous touchions.

— Pourquoi t'es venue ici alors ?

Il semblait presque en train de râler alors qu'il tombait sur le dos à côté de moi.

Je ne sais pas pourquoi j'ai pensé que ce serait une bonne idée de venir ici. J'ai cru qu'il aurait pu me donner le réconfort dont j'avais besoin, me rassurer sur le fait que je n'étais pas une mauvaise personne et me faire me sentir moins coupable, mais je m'étais complètement trompée. Il voulait juste me baiser comme d'habitude.

Au fond, je savais très bien qu'il n'aurait pas pu me donner tout ça, mais je n'avais personne d'autre pour le faire alors j'ai juste espéré.

Je savais que j'avais merdé. La manière dont j'avais balancé la grossesse de maman n'était peut-être pas la meilleure. Mais j'étais bourrée et désespérée, qu'est-ce que je pouvais faire d'autre ?

Dans un sens, je ne me sentais pas coupable, car au final c'est la bonne chose à faire : tout révéler maintenant pour qu'elle ne tombe pas encore plus bas plus tard. Mais je n'aurais jamais cru qu'elle se serait barrée et nous aurait abandonnés.

Maintenant ça faisait de moi la méchante, la fautive, et je n'arrivais pas à le supporter. J'ai préféré ne pas y penser et vivre ma vie d'habitude en essayant d'aller m'amuser avec mes amis, mais ce sentiment de culpabilité persistait.

C'était comme s'il y avait deux personnes au fond de moi. Une qui me disait que j'avais fait la bonne chose, que sans moi on aurait encore dû subir un autre homme dans nos vies qui nous quitterait quelques semaines plus tard. Et l'autre personne me disait que tout était de ma faute, que j'avais tout gâché et que j'étais la pire personne au monde.

— Pourquoi est-ce que tu veux toujours qu'on le fasse ? T'es nymphomane ou un truc du genre ? je lui demande.

Il me lance un regard perturbé avant de ramener sa chevelure blonde en arrière, presque amusé.

— Ce n'est pas la raison pour laquelle tu m'as abordé ? Pour qu'on baise ?

Je ne lui réponds pas, ne sachant moi-même pas la réponse. De base, c'était seulement pour faire chier Alex et aussi m'amuser un peu, mais il n'y avait rien d'amusant dans tout ça. Il était plutôt mignon mais je n'avais pas envie de lui.

— Sincèrement je comprends pas trop... tu veux pas qu'on baise mais t'as pas l'air d'avoir de réels sentiments pour moi non plus. Alors à quoi ça sert tout ça ? il continue.

Il expire bruyamment avant de prendre la couverture pour se recouvrir puis de tâter les oreilés.

— Et puis tu viens chez moi en plein milieu de la nuit pour t'asseoir et faire la moue. Baiser aurait pu te rendre mieux mais bon... comme tu veux te faire désirer...

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