Chapitre 8 : Des petits secrets (1/2)

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Le matin même, vers dix heures, Pix était en train de marcher dans le parc de l'école, son casque audio sur les oreilles. Il avait changé la musique histoire d'arrêter d'écouter la même chose, à savoir cette étrange mélodie qui ressemblait à une berceuse, que Derak lui avait installé dans son portable. Mains dans les poches de son blouson il regardait le sol défiler sous ses pieds tandis que des accents de rock pulsaient dans son casque.

Il soupira. Derak lui avait dit qu'il serait au club de sport du samedi avec Ren, mais qu'il irait le rejoindre dès que possible. L'idée d'être tout seul angoissait Pix. Il ne savait pas du tout ce qui allait se passer en allant voir cette psy dont on lui avait parlé. Cette Phyllis Oli qu'il avait vu le jour de la rentrée...

Arrivé devant l'infirmerie Pix s'arrêta devant la porte de l'ancienne réserve. Un petit panneau avait été installé sur le battant pour indiquer un nouveau bureau. « Dr. Phyllis Oli, psychiatre et dingue de café ». N'osant pas frapper, Pix tourna la tête pour voir s'il n'y avait personne. Il aurait tant aimé que Gabi ou Angèle soit là, pour se rassurer ... Ou que Derak se dépêche un peu de revenir de son cours de sport. Il fit machinalement glisser son casque sur son cou avec un soupir. Il allait juste attendre que quelqu'un se pointe...

Pas trop tôt ça casse les tympans cette horreur !

Pix remit immédiatement son casque sur les oreilles et remit la « berceuse » en route, au son minimum pour qu'il puisse à la fois entendre le monde extérieur et tenir Styx à distance. Son double ne ratait jamais une occasion de l'ouvrir dès qu'il baissait la garde. Pour le moment Pix arrivait à le maintenir sous contrôle mais il redoutait à chaque instant de perdre possession de son corps... Et que Styx fasse encore des ravages.

Il déglutit bruyamment et sentit son stress monter en flèche rien qu'à penser à tout cela. Soudain la porte de l'infirmerie s'ouvrit, le faisant sursauter. La femme sur le palier haussa haut les sourcils en le voyant.

- Relax, ce n'est que moi... dit-elle. C'est toi que je suis censé voir ?

Pix hocha mécaniquement la tête en repensant à ce que lui avait dit Derak la veille :

- Discute pas, j'ai demandé à la psy si elle pouvait te recevoir ! T'y vas demain matin.

- Quoi ?? avait lâché Pix. Mais non j'ai pas besoin de ça, je vais bien...

- T'as pas le choix, c'est un accord que j'ai passé et je dois tenir mon engagement ! avait répliqué Derak.

- Un engagement ?

- Secret défense. Un jour je t'en parlerai.

Pix avait passé la nuit à cogiter et à stresser. Qu'est-ce que Derak avait manigancé ? Et maintenant qu'il se trouvait devant la psychiatre, il avait juste envie de s'enfuir à toutes jambes, le plus loin possible d'ici, mordre, et se terrer dans un trou. En plus elle allait lui poser des tas de questions toutes plus angoissantes les unes que les autres, qui lui rappelleraient de mauvais souvenirs tout ça pour lui dire ce qu'il savait déjà : qu'il avait de sérieux problèmes psychologiques.

- Tu veux du chocolat chaud ? Ou du café ? proposa Phyllis.

Pix s'était attendu à tellement d'options qu'il fut dérouté en entendant cette simple question. Il réussit à balbutier « un chocolat » et la psy hocha la tête. Elle poussa la porte de son nouveau cabinet et entra en invitant Pix à la suivre. Ce dernier jeta un coup d'oeil dans le couloir, espérant voir Derak arriver... Mais rien...

Tout le monde te laisse tomber.

Pix s'engouffra dans le bureau de Phyllis, plongé dans la pénombre à cause du store devant la fenêtre. Elle venait de lancer la machine à café avant de se jeter sans manière dans son fauteuil à roulettes. Il roula sur le sol jusqu'à son bureau. Phyllis attrapa au passage une pochette remplie de papiers puis croisa ses pieds sur son bureau.

II) La mémoire des DouzeDes histoires addictives. Découvrez maintenant