Elle n'était sûre que d'une seule chose. C'était un homme. Ou tout du moins, il avait choisi d'apparaître sous les traits d'un jeune homme. Sa peau était du même noir que celle de Nyx. Peut-être même plus encore. C'était abyssal. Une nuit sans étoiles, sans lune, sans astre. Ses yeux étaient changeants. Ils oscillaient entre un bleu électrique et le rouge vif d'une flamme en passant par le vert d'une forêt paisible mais dense. C'était perturbant au possible. Il avait des cheveux longs, blonds et si brillants et soyeux qu'on aurait pu croire à une cascade d'or liquide. Sa peau était striée de fissures du même métal, parfaitement symétriques, parfaitement perpendiculaires. Comme une sorte de tatouage divin mais sanguinolent.
- Bonjour Héra.
- Bonjour... Je ne sais pas comment je suis censée vous appeler.
- Tu peux m'appeler Basileus.
- Basileus, rien que ça, répondit-elle en continuant de jauger son nouvel allié.
Ça signifiait roi dans la langue des hommes.
- Aurais-tu préféré « Héro » ? Ça aurait été de mauvais goût, ça t'appartient.
Elle se souvenait d'un temps lointain où elle avait été une matrone pour les humains les plus talentueux. Ceux qui ressemblaient aux dieux. Ceux dont la destinée ne semblait pas aussi insignifiante que celles des autres mortels. Ceux qui auraient pu, au terme de leurs aventures... les rejoindre à Olympe. Apporter quelque chose de neuf à leur panthéon de divinités enlisées, vieillissantes et déclinantes. Jason, Héraclès, Orphée, Achille, Atalante, Hélène, Iphigénie, Pénélope... Tant d'échecs. Tant de déceptions. Elle avait fini par délaisser tout ça alors même que son prénom leur avait donné une existence, un but : héroïnes et héros.
Basileus s'approcha du miroir. Héra s'écarta pour que son reflet n'apparaisse plus, tout en restant à portée de l'objet afin d'entendre le verdict qui scellerait leur alliance.
- Vous ne vous appelez pas Basileus.
- Non, répondit son reflet. Attention, gronda-t-il, nous avons un accord.
- Je n'oublie pas, je voulais juste être certaine que le miroir fonctionnait bien. Est-ce que vous êtes celui à qui je dois ma seconde vie.
- Oui, répondit le reflet.
Elle écarquilla les yeux.
- Pourquoi ? Comment ?
- Parce que j'avais besoin de toi pour me venger de Zeus. Je suis un titan primordial. Comme mes frères et sœurs, je peux puiser dans le cosmos pour façonner le monde si Ouranos et Gaïa le permettent. Le temps est malléable même s'il est dangereux de le manipuler à grande échelle, ton existence mortelle était un grain de sable dans les rouages. En un sens, la perte de ta divinité t'a sauvé. Je n'aurais pas pu le faire pour la reine des Dieux. Mais pour une inconnue oubliée des geôles d'Olympe, oui. Satisfaite ? S'enquit-il.
- Je suppose. Qu'est-ce que vous pouvez faire pour moi alors ?
- Je ne suis pas au meilleur de ma forme. J'ai besoin du sang des autres membres de ta fratrie pour totalement retrouver mes pouvoirs. Lorsque ça sera le cas, je détruirai Zeus.
Il s'écarta du miroir.
- Fort bien. Je trouverai une solution pour vous procurer leur sang.
C'était plus simple à dire qu'à faire. Elle n'était proche d'aucun d'eux. Et elle se tenait aussi loin que possible de l'un d'eux en particulier.
- Je ne doute pas de tes capacités petite déesse.
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Oh My Goddess!
FantasySi vous aviez une chance de tout reprendre à zéro, qu'est ce que vous changeriez ? C'est un choix que se voit offrir Hera, la reine des dieux. Peut-on échapper à son destin ? Et surtout à quel prix ?
