Chapitre 26 : Alicia's suggestions

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PDV Alicia

Je ne m'attendais pas à ce que Liv nous observe de loin et surtout qu'elle s'approche de Cameron sans se présenter. Sans doute savait-elle que j'étais sa meilleure amie et avait préféré faire profil bas. Et vu l'état actuel de ma blondinette, je l'aurais sans doute découpé en morceaux pour la fumer comme leur saumon.

Après m'avoir raconté toute l'histoire depuis là où je l'avais laissé, et qui ressemblait étrangement à un mauvais remake et cross-over d'Orgueil et préjugés et des feux de l'amour, Cameron avait finit par sombrer à bout de forces dans mon lit. Cela devait faire longtemps qu'elle n'avait pas dormi aussi profondément...

J'avais remarqué à l'aéroport ses immenses cernes, mais j'avais mis sur le compte des sexathon que devait lui faire vivre Liv. Et finalement, il n'en était rien. Morenita n'avait pas trouvé le courage de se bouger les fesses pour les beaux yeux de Cam, et ma blondinette se trouvait aujourd'hui dans un état lamentable. Mais Cameron avait su rester digne et forte contrairement à ce qu'elle m'avait raconté de Liv, je ne dis pas qu'elle ne la trouvait pas digne et forte, oh que non, Cameron continuait de lui vouer un culte assez malsain en parlant de chacun des détails de son visage et de chacun des moments qu'elles avaient pu partager, mais les beuveries et les space-cake ne lui réussissaient pas des masses aux dernières nouvelles. Peut-être tentait-elle de faire culpabiliser Cameron pour la repêcher dans ses filets, cette diablesse irlandaise ! En réalité, je n'en savais trop rien, leur histoire était bien plus complexe que cela. Les parents O'Woods semblaient reprendre parfaitement le rôle des Bennet avec une Siobhan prête à tout pour marier Liv au riche Niall : une version encore plus cauchemardesque que Collins.

Et Cam... Elle prenait le mauvais rôle d'un mélange entre Bingley et Darcy, en moins hautaine, carrément moins hautaine même, bien que je ne doutai à aucun moment que Rubia n'ait manqué de leur dire que leur bière et leur thé étaient franchement imbuvable. Cameron m'avait donc raconté entre deux sanglots et trois-quatre essuyages de morve au nez cette sordide comédie qui était en train de se jouer à Ballydangan. Il y avait une chose, ou plutôt deux dont j'étais sûre et certaine : primo Liv était une bombe sexuelle et je comprenais parfaitement pourquoi Cameron était tombée immédiatement sous son charme, mais secundo qu'est-ce que cette Irlandaise pouvait être stupide !

Un brin de réseau internet apporté par je ne sais quelle divinité m'avait permis de stalké le profil de Niall Kavanagh et la page de sa fumerie. Il était beau garçon mais entre lui et Cameron, il n'y avait pas photo : j'aurais abandonné plus d'une ferme et j'aurais sûrement vendu père et mère pour m'envoyer en l'air avec la sexy Docteur Griffin si je ne l'avais pas considéré pas comme ma sœur.

J'avais appris que Liv avait néanmoins quelques circonstances atténuantes, notamment cette histoire de centre spécialisé dans les thérapies par aversion, et je crois que c'est ce qui foutait Cameron le plus en l'air, la nausée lui montait à chaque fois qu'elle pensait à ce qu'on avait pu faire subir à Liv. Triste réalité, mais il en existait encore pas mal aux États-Unis et ces centres faisaient les beaux jours des reportages chocs. J'en avais vu plusieurs, et n'imaginait sans aucun mal pourquoi Liv flippait totalement de sa mère. Il est vrai que des électrochocs et un traitement aux vomitifs devant du porno lesbien avaient dû la calmer.

Et pourtant au vu des sentiments qu'elle avait développé pour Cameron, cette histoire ne pouvait qu'être belle, parfaitement adaptable au cinéma pour gagner un peu d'argent, avec en prime une lesbienne qui ne finirait pas dans un état pitoyable et un happy-ending de folie. Bien évidemment la fin heureuse ne semblait pas être pour tout de suite, et cela dépendait un minimum de moi et de mon self-contrôle pour ne pas aller pousser Liv de la falaise pour avoir mis le coeur de ma meilleure amie en vrac. Je pensais aussi aux conséquences que pourrait avoir mon geste, Maitilde Kavanagh me tuerait sans aucun doute à son tour à coup de hachoir à poisson pour avoir tué sa propre meilleure amie.

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