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Je sors du palais en furie, ayant extrêmement hâte d'annoncer la nouvelle à mes parents.
Je dévale les marches à toute vitesse, un cri de joie peu contenu sort de ma gorge.
« - J'ai été prise, j'ai été prise... »
Je continue de siffloter joyeusement, tout en chanson, jusqu'au bas des marches blanches, en marbre, très nombreuses.
Ma voix se coupe nettement quand un petit bruit étouffé me parvient au dessus de moi.
Je tourne la tête vers la source de mon dérangement et découvre le prince sur son balcon, essayant de retenir un petit rire moqueur, clope au bec. Une main dans les cheveux, l'autre sur sa cigarette, il recrache sa fumée dans ma direction, bien qu'il soit techniquement impossible qu'elle m'atteigne, une distance de trois mètres, je dirais à vue d'œil, nous séparant.
« - Me protéger vous ravie tant que ça ? »
Je hausse les épaules, pas le moins du monde gênée de la petite scène précédente. Ce n'est pas parce qu'il n'a pas l'air très joyeux que moi je n'ai pas le droit de l'être.
« - Je viens d'obtenir le moyen de réaliser mon rêve, ce pour quoi je me suis battue vingts ans de ma vie. Je ne pense pas que cette joie soit déplacée. »
Il tire une seconde latte de sa cigarette, puis recrache la fumée, son regard fixé sur l'horizon, sans répondre. Je tourne les talons tout en tirant sur la bas de ma jupe, renfilée peu de temps avant.
J'ouvre mon sac à main et le retourne pour chercher mon nouveau téléphone, acheté récemment, pour remplacer l'ancien, mort par la noyade, à cause du fils de mon cousin.
Je le fais glisser de mon épaule pour le laisser s'échouer par terre tandis que je commence à tâter mes poches, peu nombreuses. Mécaniquement, je tâte mes fesses à la recherche d'une poche, mais le toucher lisse du tissu me rappelle rapidement qu'il n'y en a point, à l'arrière, ni à l'avant d'ailleurs. Je râle encore, et maudit une voix de plus ma mère pour m'avoir forcée à laisser mon jean au placard. Les jupes, les robes, c'est bien, mais pour sortir le soir. Pas pour la vie de tous les jours..
Un sifflement me coupe dans la quête de mon cellulaire. Je grogne et lève la tête.
"- Vous m'avez prise pour un chien, à me siffler ? J'ai un prénom comme tout le monde."
Il lève les yeux au ciel et lâche sa cigarette par-dessus le balcon. Le mégot atterrit à mes pieds, juste à côté de mon escarpin rouge vernis, neuf de la semaine dernière.
« - Vous pouvez l'éteindre s'il vous plaît ? Il serait dommage que le palais finisse par prendre feu à cause d'un mégot de cigarette mal éteint. »
Je lui lance un regard noir et racle ma gorge, bruyamment. Je recule mon pied de quelques centimètres pour cracher sur le mégot, avec toute la féminité dont j'ai hérité. Je relève la tête et plante mon regard dans le sien, bleu glacial. Aucune émotion ne passe sur son visage, mis à part un brin d'amusement.
"- Vous m'avez siffler comme un canin pour me demander cela ? Vous vous êtes pris pour qui ?"
Il redresse son buste et me toise de haut, comme si je n'étais qu'une moins que rien.
"- Oh mais pour le Prince."
Je rigole légèrement, avec moquerie.
"- Pour autant, vous êtes constitué de la manière que moi, le cerveau en moins peut-être..."
"- Vous cherchez à me blesser là ? Il faudra faire mieux, désolé de vous décevoir." Son rire m'agace, tout autant qu'une sale envie de lui arracher son fichu sourire, constamment présent sur sa fichue face de beau gosse monte en moi. " A vrai dire, vous regardez râler contre des poches imaginaires à la recherche de quelque chose que vous n'avez pas en votre possession est assez divertissant, mais je pense qu'il est temps que je vous aide un peu..."
De ce que je suppose être sa poche de jean, il fait apparaître mon téléphone par-dessus la balustrade en pierre blanche de son somptueux balcon.
« - Comment l'avez vous eu en votre possession ? »
Il craque un petit rire toujours aussi moqueur, m'agaçant toujours un petit peu plus à chaque seconde qui passe.
« - Vous êtes très concentrée quand vous boxez, et d'autant plus quand on vous contrarie à ce que j'ai vu. »
Je souffle et lève les yeux au ciel pour témoigner de mon agacement plus que croissant face à son attitude d'emmerdeur. S'il est comme cela à temps complet, mon travail ne risque pas d'être de tout repos, aussi bien pour moi que pour mes nerfs.
« - Haha on a bien rigolé, vous m'avez pris mon téléphone, je m'en suis pas rendue compte, vous vous êtes moqué, bien on peut passer à autre chose maintenant ? Comme par exemple me rendre MON téléphone. » Toujours le même sourire collé aux lèvres, il me regarde de manière hautaine.
« - Vous pensez pouvoir le rattraper ? Vous savez cela fait haut trois mètres cinquante sept, surtout quand on fait votre taille. » Et voilà qui rigole tout seul.
"- Vous cherchez à me blesser là ? Il faudra faire mieux, désolée de vous décevoir..."Je reprends mot pour mot ses dires et je lui lance un regard blasé, voyant clair dans son jeu, consistant à me pousser à bout, et tends les mains pour qu'il m'envoie mon téléphone.
Il s'exécute sans plus tarder, je le rattrape sans peine, et remercie sarcastiquement mon futur protégé pour ce geste si aimable, d'une référence vulgairement effectuée.
Ce prince est un véritable emmerdeur...
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Prince Protection
ChickLitJordan est une jeune femme au caractère fort qui tente de faire sa place dans un milieu masculin, bourré de macho. Quand une annonce paraît dans le journal pour être le garde du corps attitré du prince, elle n'hésite pas une seconde et fonce tête ba...
