- Qu'est-ce que vous faites ici ? Aux dernières nouvelles, vous avez une chambre vous aussi.
Je m'appuie contre le mur à proximité, légèrement perturbée par la présence de Chiago dans ma chambre.
- Je cherchais ma valise et je me suis dis, que peut-être, elle avait été emmenée ici, par erreur. Mais c'est quand je l'ai trouvée bien cachée sous le lit que j'ai compris qu'il n'était pas question d'une erreur.
Un sourire se glisse sur mes lèvres quand j'aperçois une petite lueur sombre dans ses iris. Mon petit tour ne lui a pas plus apparemment.
- Vous trouvez ça drôle ? T'as quel âge au juste ?
Sauter du vouvoiement au tutoiement est devenu une habitude chez lui, on dirait.
- Le chauffeur est là pour conduire, par pour subir vos humeurs et encore moins pour faire le larbin. La roue tourne toujours, maintenant vous le savez.
Je lui tourne le dos sans un mot de plus et m'en vais à la salle de bain. J'ouvre l'eau, et finis d'ôter mes vêtements. Je mets une jambe après l'autre dans la baignore, l'eau brûlante se diffuse imbibe ma chair et détend mes muscles.
Je ferme les yeux une nouvelle fois, complètement détendue. Des milliers de pensées futiles me passent par la tête, et plus d'une fois je manque de m'endormir. Je pense y rester une petite heure puis quand l'eau refroidit, je sors. J'enfile mon ensenble de lingerie noir avec un petit peu de dentelle, puis je m'entoure de la serviette blanche fournit par l'hôtel pour enfin quitter la pièce, emplie de vapeur d'eau, les miroirs recouvert d'une pellicule humide, floutant mon reflet.
Je souffle d'exaspération à la vue de Chiago, toujours vautré dans mon lit, cette fois-ci sur le ventre. Les petits clapotis de l'eau sous mes pieds lui font relevé la tête dans ma direction. Il m'adresse un regard blasé auquel je lui répond.
- Qu'est-ce que vous faites encore là ?
Il laisse retomber sa tête sur la matelas et grogne.
- Y'a vraiment que vous les femmes pour rester deux heures dans le bain.
Je lui tourne dos en soufflant.
- Si vous êtes resté pour m'emmerder et tenir des propos sexistes, retournez dans votre chambre.
Les bruissements du drap me font pivoter la tête pour le regarder s'asseoir par dessus mon épaule.
- Pas exactement enfaite. Qu'est ce que vous avez voulu dire par ' la roue tourne toujours ' ?
Je ceinture mon kimono à ma taille et lui fais face pour répondre à sa question, plutôt idiote.
- Aujourd'hui vous faites des coups de travers au gens, vous les sous-estimer. Demain se sera leur tour de le faire. Fais le mal, tu attires le mal. Ça s'appelle le Karma.
Il médite quelques instants mes dires avant de se relever. Il se dirige vers la sortie sans me regarder une fois de plus.
- Ce soir, tu me tutoies.Je serais devant ta porte à dix-neuf heures. La maquilleuse arrive dans cinq minutes.
Et sans que je ne puisse protester, la porte claque derrière lui.
Saleté de bonhomme autoritaire.
***
*
Le silence plane autour de moi, seul le bruit du pinceau sur ma peau trouble cet instant. La maquilleuse, une jolie jeune femme - dont le charme est gâché par sa personnalité prétentieuse - ne pipe pas mot et se contente de me regarder d'un air supérieur insupportable. L'envie de la faire redescendre d'un ou deux étages me traverse souvent l'esprit mais je me contiens en me disant qu'elle a ma façade de la soirée entre les mains. Si elle me loupe, je suis fichue.
Pas que je ne sache pas me maquiller. Simplement qu'il ne me reste plus qu'un quart d'heure avant que le prince vienne me chercher. Je n'aurais pas le temps de tout refaire.
- C'est fini.
Je me presse d'aller chercher ma robe, pendue avec soin dans le dressing raccroché à la chambre. Je décroche mon kimono, et le laisse s'échouer au sol. Je sors le tissu de sa housse de protection pour passer mon corps à l'intérieur.
Dedans, je me sens belle, je me sens bien (nda : non ce n'est pas Vichy Célestin :) ). Ce qui est rare pour moi, dans une robe.
Je croise mon reflet dans le miroir et je m'observe. Le chignon bohème qui dégage ma nuque contraste avec le maquillage plus rock qu'elle m'a fait. Les dégradés de couleurs mettent bien en valeurs mes yeux noisettes, et s'allient bien avec la robe rouge en vinyle. Ma paire de sandales à talons noire complète à la perfection le look grâce a leur finesse.
J'asperge mon cou de parfum aux senteurs envoûtantes.
Ma pochette en main, une veste en cuir sur l'épaule au cas où il fasse froid, j'ouvre la porte au moment où le prince allait toquer.
Il me détaille de haut en bas, avec un regard neutre.
- La féminité te va bien, mais ce n'est pas une tenue pour un gala de charité. Il faut une robe longue, d'une couleur simple, dans une matière moins tape-à-l'oeil.
Je souffle et commence à avancer vers l'ascenseur.
- J'aime briser les codes.
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Prince Protection
Genç Kız EdebiyatıJordan est une jeune femme au caractère fort qui tente de faire sa place dans un milieu masculin, bourré de macho. Quand une annonce paraît dans le journal pour être le garde du corps attitré du prince, elle n'hésite pas une seconde et fonce tête ba...
