Dans l'agitation d'une grande ville, à quelques kilomètres au sud de Salasala, le mercenaire Attia ben Samora jubilait profondément. Il venait de récupérer une commande passée quelques mois plus tôt à un artisan réputé - à savoir dix caisses pleines de flèches. Il avait envie de soulever les couvercles pour admirer longuement la marchandise, mais il ne fallait pas attirer l'attention.
Ayant chargé les caisses sur une lourde charrette de bois, il les recouvrit de fumier pour dissuader une éventuelle fouille. Puis il s'installa à l'avant en pestant contre la mauvaise odeur. Il devait mettre sa précieuse cargaison en lieu sûr.
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Le soleil miroitait délicatement sur la surface du petit lac. Tamisé par les branchages des palmiers inclinés autour, il se reflétait sur les galets bien lisses, disposés avec harmonie, et effleurait doucement les feuilles de lotus qui flottaient sur le bassin.
C'est dans ce jardin de calme et de paix que Mian-Meh effectuait ses méditations quotidiennes. Assis en tailleur, le dos droit, les mains sur les genoux, les yeux mis-clos, il cherchait tant bien que mal à se concentrer.
" Le moine sozyès est en communion avec ce qui l'entoure. Il s'ouvre au vent et aux arbres, à l'eau et aux plantes, il les écoute, les ressent, les incarne, jusqu'à ce que résonnent en lui toutes les vibrations du monde. "
Sauf qu'en l'occurrence, il avait bien du mal à se sentir galet ou lotus. Il était Mian-Meh le Moine Mystérieux, gouverneur de la région Nord, et croulait sous de graves problèmes.
Au lieu de l'apaiser, la réunion de la veille avait décuplé son inquiétude. La tranquillité des palmiers, du lac et des fleurs roses lui paraissait incongrue en ces circonstances; d'autant plus qu'on entendait, distinctement encore, un cortège s'éloigner au son d'une plainte lugubre. C'était Hoh-Yawao Dent-Dure qui s'en allait, ayant hâté son départ suite au décès de sa fille.
L'Unique soit remercié ! Je ne l'aurais pas supporté plus longtemps.
Il reprit sa position, paupières baissées, concentré sur le bruit du vent dans les palmes et le clapotis du lac. Soudain, une voix s'éleva derrière lui:
« Encore à méditer, Moine Mystérieux ? Tu ne te lasses donc jamais de ces activités ? »
Mian-Meh sentit un réflexe nerveux lui crisper les mâchoires. Il faillit bondir d'une seule détente. " Le moine sozyès est dans l'action ou la réflexion, jamais dans la réaction." Prenant sur lui pour rester calme, il réajusta son châle avant de se lever.
Zasanjal Larme de Sang se tenait à quelques mètres, toujours aussi peu rassurant avec sa cicatrice rouge et sa coiffure tirée qui accentuait ses traits anguleux. Un sourire condescendant étirait ses lèvres étroites.
« Il ne faut pas t'en vouloir de ne pas m'avoir entendu, Mian-Meh. Personne ne m'entend jamais. Je suis l'Ocelot.
- Zasanjal, soupira Mian-Meh. Tu n'as pas tardé. Tu es venu parler de cet espion ?
- Entre autres. J'imagine que tu ne l'as pas trouvé ?
- Et comment veux-tu ? riposta Mian-Meh. Il y a tellement de monde qui transite par ce palais, tellement de gardes, de nobles, de guerriers, de soldats, d'esclaves... ce pourrait être n'importe qui ! A moins qu'il ne recommence ou fasse une erreur, on ne le démasquera jamais !
- Il recommencera, si c'est quelqu'un qui vend des informations aux Farles. »
Mian-Meh frissonna à cette perspective.
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Complainte d'une fresque oubliée
AdventureUne terre, deux peuples. Un nouvel affrontement se profile entre Sozyès et Farles. Les premiers règnent sur presque tout le continent ; les seconds, venus de par-delà l'océan, entendent le conquérir. S'ensuit une lutte acharnée pour la domination d...
