Chapitre XXVIII

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Rubis, Princesse d'Amurrisse, Ygora, Royaume d'Exasimir, Ouranos.

Le métal s'entrechoquant résonne dans toute la pièce. Je m'écroule pour la centième fois au moins, mais me relève en moins de temps qu'il ne le faut pour être morte. Je pare une autre botte. Le don de la bataille accordé par la Déesse ne fait pas effet ici. Cependant j'avoue que le combat semble inné chez moi. Encore un mystère me concernant. J'utilise ma vitesse surhumaine pour frapper mon adversaire qui se joue de moi depuis si longtemps que je commence vraiment à m'agacer.

– Ne laisse pas ton impatience et ta colère aveugler tes sens et te rendre vulnérable.

Me répète-t-il. Il peut dire ce qu'il veut. J'ai quand même une terrible envie de lui faire la peau.

– En faisant ça, tu me donnes le pouvoir dans le combat. Tu me permets exactement de savoir où et quand tu attaqueras.

Comme pour me le prouver il pare un de mes coups et envoie mon épée voltiger à travers la salle. Je pousse un long soupir. Je tends le bras en faisant mine d'appeler mon épée alors que la dague apparue dans ma main quelques millièmes de seconde plus tôt s'enfonce profondément dans son flanc. Je tourne mon regard vers lui et aperçois avec satisfaction qu'il agonise lentement.

– Le truc c'est que tu oublies souvent que, quoi que je puisse faire de prévisible, je n'en reste pas moins la créature la plus imprévisible qu'il soit...

Il sourit et arrache la dague. Sa blessure guérie sur-le-champ.

– Très bien, il ne nous reste qu'un seul et unique point à aborder...

Je fronce les sourcils. Je ne vois pas lequel.

– Ah bon ?

– Lors des combats, les gens comme nous n'utilisent que très rarement des épées, des arcs et des flèches. Notre arme la plus puissante est celle dont les déesses nous ont dotés. On va voir comment tu te débrouilles avec toute cette magie...

Je sens mon visage devenir livide. Après ma récente performance dans ce domaine je préfère éviter de trop tenter le diable. Le roi ténébreux a un immense sourire qui fait se soulever mon estomac. Déesse ce qu'il est beau, craquant. Un péché mortel. Mon éclat de pouvoir me l'a déjà prouvé.

– Je... Je ne peux pas. Après avoir fait une telle exposition toute à l'heure... Je suis presque à court.

Il baisse ses mains et me regarde un instant avec un froncement de sourcils. Il pousse un soupir et avant que je n'aie eu le temps de voir quelque chose venir, lance une attaque ténébreuse. Ma magie comme à son habitude s'élève automatiquement en une barrière impénétrable et imperméable. Je ferme les yeux et encaisse l'onde de choc de nos deux pouvoirs. Ma magie absorbe celle d'Erèbe et se dissipe. Je plante mon regard littéralement flamboyant de pouvoir dans le sien. Il sourit encore une fois.

– Tu sais que me mentir ne t'amènera à rien ?

J'ai terriblement envie de lui péter la gueule, juste pour voir s'il serait toujours aussi mignon avec un œil au beurre noir. Cette pensée m'arrache une grimace. Mais qu'est-ce qui ne tourne pas rond chez moi ?

– Tu sais que me tuer ne t'amènera à rien non plus ?

Il a un rire léger.

– L'un de mes pouvoirs secondaires est de percevoir l'intensité de la magie. Je savais que tu me mentais. Mais le fait que tu penses que je prendrais le risque de sacrifier ma plus grande alliée la veille d'une guerre montre que tu n'es pas très maline.

Pas très maline ? Pas très maline ? C'est grâce à moi qu'il est encore en vie et qu'il le sera encore demain et il ose m'insulter ?

– Je devrais te laisser affronter seul l'armée de cent-mille Vokoatos surpuissants qui campe à tes portes, et on verrait qui, de nous deux, est le plus malin.

Rubis - I. Renaissance Des histoires addictives. Découvrez maintenant