June, jeune femme timide se retrouve admise à l'université de Columbia dans un lieu diamétralement opposé du sien habituellement. Fête sur le campus, bande d'amis et relation ambigu avec un homme mystérieux et cruel comme Mason révélera l'essence mê...
Oups ! Cette image n'est pas conforme à nos directives de contenu. Afin de continuer la publication, veuillez la retirer ou mettre en ligne une autre image.
À la terrasse de la cafétéria, les étudiants ont des conversations animées sur leurs projets après l'université, il y a celles qui se vantent du week-end en compagnie d'un beau garçon et d'autres qui rigolent comme des idiotes en parlant de Mason est sa bande. J'ai mal au cœur en me rappelant encore et encore ce putain de samedi soir ou j'ai failli perdre la vie à cause de la brutalité permanente qui rythme son quotidien.
Je m'assieds à une petite table en conversant avec Jammie.
— S'il te plaît, tu veux pas foutre ton foulard dans ton sac ? Me demande t'elle en faisant la moue. Tout le monde nous regardent bizarrement.
Je dois reconnaître que j'ai vraiment envie de foutre ce turban dans mon sac à dos, mais il recouvre parfaitement mes plaies.
— Non, j'ai pas envie, désolé.
Je ne fais aucun effort, elle le remarque.
— Tu es vraiment de mauvaise humeur aujourd'hui, il t'arrive quoi ?
Je tourne la petite cuillère dans ma tasse de café brûlant et m'empêche de lui dire en détails les événements du week-end. Je la connais beaucoup trop pour prendre le risque d'être honnête sur un sujet aussi délicat.
— Rien, c'est juste que les gens jugent sans connaître alors je ne vois pas pourquoi je voudrais être dans les normes.
Elle ne m'écoute pas le moins du monde.
— Tu m'écoutes ? Demandai-je en roulant des yeux.
Les secondes s'écoulent, Ses grands yeux bleus contemple l'horizon et je me demande bien ce qui la tourmente à ce point.
— J'ai deux choses à te dire, tu préfères la bonne ou la mauvaise nouvelle ?
— Commence par la bonne..
Je ne suis pas prête psychologiquement à vivre un nouveau tumulte.
— Il y a un beau brun juste dans mon angle de vue, et la mauvaise nouvelle.. il se dirige vers nous et il a pas l'air franchement content.
Jammie mâchouille une paille entre ses dents, alors que je jette un regard par-dessus mon épaule. A la manière dont il me regarde, je me demande simplement en quoi cette nouvelle discussion sera différente des autres, qu'est-ce qu'il pourrait me dire après tout ça ?
— Prends tes affaires, on se barre.
Je la fusille du regard, pourquoi ne fait-elle jamais ce qu'on lui demande ? Je me lève du petit banc, attrape mon sac à dos et m'heurte a un obstacle dur comme de la pierre. Lorsque je relève les yeux, Mason est déjà là.
— Il faut qu'on parle.
Sa voix suave m'enveloppe d'un puissante décharge électrique.
— C'est dommage, j'ai rien à te dire. Dis-je en haussant des épaules.
— Je ne te demande pas ton avis.
Il parle à voix basse en me demandant de le suivre dans un endroit un plus extirpé de toute la population florissante sur la terrasse. Pourquoi est-ce qu'il me fait cet effet-là ? Je marche en traînant des pieds, et croise les bras autour de ma poitrine en attendant patiemment qu'il prenne la parole.
— Pour qui tu te prends, Mason ? Qu'est-ce que tu ne comprends pas dans la phrase, je ne veux plus te voir ?
J'admire ses abdominaux parfaitement ciselés sous son tee-shirt blanc et les traces d'encre caressant son incarnation hâlé.
— J'ai pas besoin de me prendre pour quelqu'un d'autre. Dit-il en se frottant la nuque machinalement. Je me suis empêché de te faire du mal depuis le début et j'ai foiré alors que je n'étais même pas conscient de mes actes.
— Et donc, je dois te dire merci de ne pas l'avoir fait volontairement ?
Ses phalanges blanchissent sous la pression de mes mots.
— Non, bordel ! je m'exprime peut-être mal mais au fond de toi, je suis certain que tu comprends ce que je suis en train de te dire.
Je reste immobile en détaillant l'expression boudeuse sur un si beau visage comme le sien. Je suis perdue dans mes pensées, j'éprouve une certaine compassion en imaginant les nombreux problèmes qu'il a dû avoir dans le passé pour être aussi tourmenté psychologiquement, mais je suis consciente également que c'est bien la première personne qui m'a levé la main dessus en dix-huit ans.
— Enlève cette merde, s'il te plaît, il faut que je regarde..
Ses doigts se promenèrent sur le voile en dentelle et cette sensation d'être aussi proche de lui après tout ça me donne l'impression d'être prise dans un piège.
— Non c'est vraiment pas nécessaire. Dis-je en me raidissant contre le petit muret en brique. Tu n'as pas besoin de le faire, Mason.. c'est déjà assez difficile comme ça.
Ses yeux s'assombrissent, mais il reste transparent en me demandant silencieusement l'autorisation, il est tellement obstiné qu'il le fera même sans mon consentement. Je ferme les paupières quand il empoigne doucement ma chevelure entre ses doigts en me rejetant la tête en arrière.
Je m'abandonne totalement à la chaleur de sa peau contre la mienne.
— Putain, j'arrive même pas à y croire. S'exclame t'il en serrant les dents.
Nos regards se rencontrent furtivement et en fait, je crois qu'il est vraiment sincère.
— Je ne veux plus parler de ça, on passe à autre chose, maintenant.
— Ok, donc je ne dois plus être un connard.. je crois que j'ai compris le message.
Je lui tend la main en signe de trêve et accepte de lui refaire confiance même si sa prendra beaucoup de temps. Ses muscles se relâchent, et je constate même, les commissures de ses lèvres retroussées en un petit sourire.
— Tu veux bien le dire encore une fois ? Lui demandai- je en souriant timidement pour la première fois de la journée.
Il replace le foulard en faisant un petit doigt d'honneur à deux hommes qui nous regardent au loin et s'excuse quand je le fusille du regard.
— Ouais, j'ai pigé. Putain, tu es toujours aussi chiante ?