-Je veux que tu m'aimes.
Je regarde Wilson déboussolé. Je sens ses ongles pointus se planter dans mon menton et son regard est au bord de la folie. Il affiche un sourire qui n'a rien d'amicale.
Je recule doucement, effrayé et lui demande:
-Qu...Qu'est-ce que tu veux dire par là ?
-Ça me semble pourtant clair. Je veux que tu m'aimes. Je veux que nous formions un couple jusqu'à ce que la mort nous sépare, ce qui ne devrait pas être long.
-Wowowo !
Je le repousse brusquement et me lève de son canapé. Je lui dis :
-Putain Wilson ! Je crois que t'es en train de péter un câble-là !
Il commence à rire doucement, puis son rire devient de plus en plus prononcé, lui donnant un réel air de psychopathe. Puis il me dit toujours en riant :
-Peut-être que je suis en train de perdre la tête. Ça peut sembler ironique, mais la drogue était la seule chose qui me permettait de garder les pieds sur terre. Mais que je perde la tête ou non, on avait un deal que tu dois respecter. Et ce deal, c'est que tu dois m'aimer ! Je veux juste me sentir aimer !
-Wilson ! Tu me demandes quelque chose d'impossible ! Je ne t'aime pas et tu ne peux pas forcer quelqu'un à t'aimer !
-Très bien. Dit-il avec un grand sourire.
Il attrape son téléphone et pianote dessus. Est-ce qu'il va vraiment me laisser tranquille ?
Alors que je pensais notre deal annulé, Wilson me dit :
-Alors, quatre-vingt-dix euros d'essence, plus trois-cent soixante-huit euros d'hôtel, je ne compte pas la nourriture, six mille euros pour le détective privé, deux mille quatre-vingt-huit euros de billets d'avion avec en plus deux cent quatre-vingt-six euros d'hôtel en Russie,... La voiture était un cadeau de ma part donc je ne le compte-pas en guise de grande gentillesse. Et, toujours avec gentillesse, je ne compte pas les dons que tu m'as fait faire. On arrive à un total de... Oh ! Seulement dix mille huit-cents trente-deux euros. C'est ce que tu me dois pour t'avoir aidé.
-Wilson... C'est débile ce que tu fais... Tu n'as pas besoin d'argent !
-Moi non, mais toi, si. Je sais très bien que cette somme est hors de tes moyens. C'est pour ça que je te la réclame. C'est le prix de ta liberté. C'est soit ça, soit tu m'aimes. Une des deux options semble plus simple que l'autre n'est-ce pas.
Je sers le poing. Je ne pensais pas qu'il était capable de me faire un tel coup bas. Je lui dis :
-Pourquoi!
-Hum ?
-Pourquoi moi ?! Pourquoi tu veux que moi, je t'aime ?!
-Parce que tu es très spécial.
-S... Spécial ?
Il se lève et s'approche de moi avec un grand sourire satisfait, sachant pertinemment qu'il a toutes les cartes en main.
Une fois face à moi, il me dit :
-Tu es gentil, attentionné, bienveillant et tu es la seule personne qui a réussit à me rendre... Heureux ? Je ne sais pas vraiment si c'est ça qu'on appelle bonheur, mais j'aime ce que tu me fais ressentir et je veux le sentir jusqu'à mon suicide. Ce que je te demande est simple.
-Mais je ne peux pas t'aimer.
-Je ne te demande pas vraiment de m'aimer, mais de me faire sentir aimer. Je m'en fiche que tu me mentes. Même si ce n'est qu'une illusion, je veux me sentir aimé. Juste trois semaines.
VOUS LISEZ
Pesanteur : Tome 2
AdventureUne rupture amoureuse. Tout le monde lui tourne le dos. Tout le monde l'abandonne. Il se sent comme un alien sur cette planète. Puis, il rencontre un autre alien. Un alien homoromantique asexuel qui veux juste se sentir aimer. Ensemble, ils vont...
